Procréation assistéePsychologie

Crise de nerf contre mes ovaires

Voulez-vous bien me dire pourquoi, quand la vie s’accroche les pieds sur un pan de ta vie, elle ne peut pas juste faire une courbette pour se rattraper vite-fait. Nenon! Il faut qu’elle se plante, bien comme il faut, face première au plancher. Ba-Dang! Ouch!

On m’avait prédit que ce serait facile. “Les doigts dans le nez.” Je suis jeune, en bonne santé, j’ai perdu du poids, je suis relativement en forme. J’ai déjà procréé, j’ai une belle réserve ovarienne. Le comble: je tombe enceinte généralement en 3-4 cycles. Même l’infirmière du haut de ses diplômes et de son expérience (D’ailleurs, elle est qui pour donner son avis médical finalement?) m’a prédit un succès fulgurant. On m’a simplement murmuré du bout des lèvres, la main sur la poingée de porte en sortant du bureau du médecin: “Si jamais il n’y a pas assez d’ovules, on les congèle, et on fera une 2e stimulation”. J’aurais dû l’écrire sans espaces et sans accents, pour vous montrer à quel point cette phrase a été courte, rapide et murmurée d’un souffle.

Ben c’est ce qui est arrivé!

Après 17 jours de stimulation, des doses maximales d’hormones injectées tous les jours, 5 échographies, j’ai “pondu” 8 ovules matures sur 9 folicules ponctionnés. (le 9e était vide). Il m’en fallait 11 minimum pour poursuivre vers le Diagnostic Pré-Implantatoire (qui consiste à prendre une cellules à mes embryons J5 pour les envoyer analyser aux USA afin de déterminer les embryons sains).  Donc mes 8 cocos sont partis au congélo, et moi je suis retournée chez moi attendre 2 cycles pour recommencer cette (éprouvante) étape.

On repousse tout… les réponses, les possibilités de grosesse. L’impensable est arrivé. J’ai même pensé que c’était de ma faute parce qu’avant de commencer le traitement, je faisait une fixation sur l’hyperstimulation et j’en avais une peur bleue. J’ai achalé tellement de monde avec ça! Mais ils me prédisaient tellement une bonne réponse ovarienne, et une amie venait tout juste d’être hospitalisée suite à sa ponction et son hyperstimulation… difficile de ne pas y penser surtout que j’avais initialement une dose 2 fois plus forte qu’elle d’hormones à prendre.

Je ne sais plus où j’en suis. J’ai hâte à mon rendez-vous de suivi avec le médecin pour savoir où on s’en va avec ça? Et dire que je pourrais simplement faire un bébé couette… je tente une dernière grosesse en espérant le miracle et ne pas faire encore une FC ou je fais le protocole jusqu’au bout et je laisse passer encore plusieurs mois, avant de tomber enceinte… et peut-être le perdre quand-même?

En ce moment, mes décisions reposent sur des statistiques, des possibilités. La vie vient de me prouver qu’on ne peut pas s’y fier réellement. J’aurais dont dû produire des dizaines d’ovules… ce n’est pas arrivé.

Encore une fois, je hais mon corps…

Ça s’est terminé en crise de panique samedi, j’étais incapable de me reprendre… mon chum me dit si souvent “ça va bien aller!”. Il m’avait prise dans ses bras parce que je pleurais sans pouvoir m’arrêter, et quand il m’a demandé ce que j’avais, je lui ai répondu: “T’es un menteur, t’arrête pas de me dire que ça va bien aller, mais ça finit JAMAIS bien.”

Pour une rare fois dans sa vie, il n’a pas su quoi répondre. Il a dit “Fait chier je sais”.

Pour une rare fois dans sa vie, il a réagi.

Ça m’a fait sourire.

———

Note: Je sais, 8 ovules mature, c’est très bien! Mieux même que certaines d’entre vous avez réussi à avoir. Vaut mieux la qualité que la quantité, je sais. Mais je m’étais préparée à tout, sauf à ça.

LaFausseCoucheuse

LaFausseCoucheuse

Bébé 1 est arrivé sans problèmes. Pour bébé 2 ça c'est compliqué... pas mal compliqué. 4 fausses couches plus tard, je suis en plein processus de FIV avec DPI.
(MAJ oct2014)

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