Procréation assistée

Je suis #1couplesur6 (#1in6) | Julie

Encore aujourd’hui, à 36 ans, après plus de 4 ans d’essais, je n’arrive pas à y croire et à réaliser que mon couple est infertile. Quand j’étais toute jeune, je me disais que vous voulais me marier et avoir mon premier enfant à 22 ans. En effet, comme ma mère a accouché de moi à l’âge, alors très avancé selon moi, de 30 ans, je m’étais dit que je ne voulais pas avoir mes enfants si “vieille”. Comme si l’on pouvait décider d’avance de tout ça dans la vie. Malheureusement, il n’en fût pas ainsi. Tout d’abord, j’ai terminé l’université à 23 ans… Il m’aurait donc été impossible de respecter mon planning. Durant la vingtaine, je ne m’en faisais pas avec ça, je n’avais pas encore rencontré “LE” bon gars et j’avoue que je ne comprenais pas trop l’angoisse de mes amies qui entendaient déjà le TIC-TAC de leur horloge biologique. Je me disais alors que j’avais d’autres projets de voyage qui me comblaient et j’osais même me dire que mon bonheur ne reposait pas seulement sur le rêve de fonder une famille. J’étais loin d’imaginer ce que la vie me réservait.

Je n’ai rencontré mon prince charmant qu’à 30 ans. Ça nous a pris 2 ans avant de nous décider à nous lancer dans la quête ultime de notre bonheur et c’était bien évidemment sans nous douter de toutes les embuches qui allaient se glisser sur notre route.

On sait tous que l’infertilité existe, mais JAMAIS on n’imagine que l’on en sera affecté. Je croyais aussi que l’infertilité inexpliquée était anecdotique.

Aujourd’hui, je peux dire franchement qu’il ne se passe pas une journée sans que je n’en souffre, à différents degrés évidemment. J’ai découvert l’envie et la jalousie. Je trouve particulièrement pénible d’aller dans un magasin grande surface et d’y voir toutes les petites familles autour de moi. Cela m’affecte aussi au travail. En effet, je dois faire face à des dizaines de parents, d’enfants et de femmes enceintes à chaque jour et à chaque fois, j’ai un pincement au coeur. J’ai trop souvent été témoin de femmes irresponsables qui risquent d’avoir des grossesses non désirés ou d’histoires de femmes qui ont déjà eu des avortements à répétitions. Cela me fait mal. La maternité ne se gagne pas au mérite, malheureusement.

Je me sens atrocement seule avec mon ventre vide, isolée, mais je dois avouer que j’en suis en partie responsable car il m’arrive de fuir certaines occasions. Je me sens constamment incomprise et je n’ai plus de tolérance envers ceux qui, même de façon bien intentionnée, osent suggérer des solutions faciles et simplistes à notre problème.

Notre couple est mis à rudes épreuves. Nous ne ressentons pas toujours les mêmes émotions ni avec la même intensité et nous ne les exprimons pas de la même manière. Notre processus de deuil n’est pas rendu au même stade et nous ne sommes pas nécessairement prêts à envisager les mêmes solutions. L’incompréhension, même au sein du couple, mène parfois à de vives déceptions ou cause des flammèches.

Ce que je trouve le plus pénible, c’est l’impression que toute ma vie est “stand by”, de côté. On veut déménager et acheter la maison de nos rêves, mais impossible de déterminer le nombre de chambres dont nous aurons besoin à l’étage. On veut faire des voyages dans des destinations exotiques mais impossible de planifier si on sera en plein traitement ou si je serai enceinte dans 3, 6 ou 12 mois. Le temps passe, mais tous nos projets sont sur pause. J’ai peur de réaliser dans quelques années que j’ai gaspillé de belles années à espérer quelque chose qui n’arrivera peut-être jamais.

Aujourd’hui, au terme de 6 IAC et 3 FIV, je ne suis toujours pas maman malgré 22 ovules prélevés, dont 4 embryons transférés qui ont abouti en 2 fausses couches précoces. Je me demande combien d’argent et de temps nous allons encore consacrer à ce projet. Je me sens fatiguée et usée par ce long et pénible parcours en montagnes russes qui me semble sans fin. Aurais-je le courage d’en descendre pour continuer mon chemin sur d’autres rails ayant pour destination une nouvelle définition du bonheur?

Un jour peut-être, mais pas aujourd’hui!

 

 

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Semaine canadienne de sensibilisation à l’infertilité – 19 au 28 mai 2015

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Julie

Julie

En essai bébé depuis maintenant 4 ans... 6 inséminations et 2 FIV plus tard, un seul +, dont le bonheur n'aura duré qu'une petite demi-heure. Je suis donc toujours en quête du bonheur, de bé-béatitude!

5 Comments

  1. 22/05/2015 at 14:27 — Reply

    Y’a certaines choses que tu écris que je pensais être la seule la ressentir. J’avais encore tout faux.
    Le fait qu’il ne se passe pas une journée sans que tu en souffres. Les petites familles que tu croises. Te sentir seule, isolée. Le stand by…

    Je te l’écris pour te dire que tu n’es pas seule à ressentir tout ceci. xxx

    • 22/05/2015 at 14:32 — Reply

      Merci! C’est exactement pour ça que je partage ce que je ressens… Lorsque j’ai découvert ton blogue, ça a contribué à briser un peu mon isolement (du moins émotif!) et j’espère que mon vécu inspirera la même chose à d’autres. Contente que tu en fasses partie aussi! xxx

  2. Bul
    23/05/2015 at 15:28 — Reply

    je comprends tellement bien tout ça…
    vous savez, le pire endroit pour moi? IKEA… des bébés, des enfants, des ventres ronds partout
    le santd by c’est malheureusement le cas pour nous toutes.. le temps passe mais nos vies sont figées …
    le combat continue .. j’espère qu’il nous mènera à une victoire
    xxx

  3. Besoft
    13/07/2015 at 09:01 — Reply

    Même de l’autre côté de l’océan, en Belgique, je ressens exactement la même chose…

  4. Chatouille
    16/07/2015 at 20:21 — Reply

    My god.. Je découvre ce site alors que je me remets péniblement (et assurément pas au même rythme que mon chum) de la fausse-couche de mon dernier blasto congelé. 7 ans de combat (2opérations, 3IAC, 1 FICISCI) nous ont permis de rencontrer notre petite punaise (là, j’avoue, je suis gênée de l’écrire ici). Ceci dit, les émotions sont aussi vives chez moi présentement (mon age “vénérable “, les durs coups /couts des traitements et le fait que Papa ne veut simplement pas), l’infertilité me fait encore la grimace et me nargue aussi fort qu’avant. J’aurais aimé vous connaitre avant. J’aimerais vous dire quelque chose de bien, mais je SAIS qu’on ne peut rien dire…

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