Il y a près de 2 ans et demi, le 18 mai 2012, on prélevait mes ovules pour en faire des embryons en laboratoire. Une grande aventure commençait alors. Une aventure que jamais je n’aurais cru devoir vivre et que je ne souhaite à personne. Une montagne russe d’émotions; espoir, déception, attente, angoisse, stress, questionnement, incertitude et finalement, mais certainement pas le moindre, deuil.

Un deuil n’est pas seulement quand un proche meurt, c’est aussi quand nos projets s’annoncent beaucoup plus compliqués que prévu, quand nos attentes sont finalement impossibles à atteindre, quand ce que nous avons cru, bien naïvement, facile à accomplir se transforme en montagne virtuellement insurmontable. Tout cela pour dire que le deuil, ce concept qu’on garde habituellement aussi loin de nous que possible, devient notre voisin de palier quand on « deal » avec l’infertilité.

Pourquoi en parler ainsi de ce deuil? Parce que malheureusement il y a encore trop de monde qui croit à tort que de passer dans une clinique de fertilité nous assure d’avoir un enfant. Hélas non, ce n’est pas magique! Mon conjoint et moi sommes dans les pas si élevées statistiques de réussite. Nous sommes aussi parmi les chanceux qui n’ont pas attendu si longtemps pour voir leur rêve s’accomplir. Et ce pas si longtemps, c’est 3 ans. Trois ans avant un test de grossesse enfin positif. Deux ans de suivi en clinique. Car oui, trois ans d’attente pour un couple infertile, ce n’est pas si long.

Quand on baigne dans cet univers, on en voit qui sont en traitement depuis 5 ans, 7 ans et, trop souvent, 10 ans ou plus. Quand on embarque dans le manège et qu’on en voit qui sont là depuis aussi longtemps, on se dit que ce n’est pas possible, que ça doit être tellement dur d’attendre autant! Puis les mois passent. On finit par ne vivre qu’au moment des traitements, des essais. Le reste du temps, c’est l’attente de l’autre traitement. Avec trois à quatre mois entre chaque traitement, le temps passe beaucoup plus vite qu’on aurait cru…

Il y a donc près de 2 ans et demi que notre aventure en fertilité commençait. Deux petites années dans notre vie pour accomplir le rêve de toute une vie.

Marie-Ève Chapman

Marie-Ève Chapman

Un topo rapide des moments marquants de ma vie.
2008: Je rencontre l'homme qui deviendra mon meilleur ami, mon amoureux, mon amant et, finalement, mon mari.
2010: Nous sommes officiellement mari et femme! Nous voulons maintenant une famille...
2011: Le diagnostique tombe, infertilité. Petit mot pour une si grande aventure.
2012: Début des traitements.
2013: Transfert du troisième embryon congelé, et c'est enfin le bon!
2014: Arrivée du plus beau bébé du monde. Une survivante après un an au congélo!

Aujourd'hui, je me donne comme mission d'informer, de sensibiliser le plus de gens possible à la réalité de l'infertilité. Je veux faire tomber les tabous et que plus personne ne se lance comme nous en infertilité sans savoir dans quoi il s'embarque, vers quoi il s'en va.

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