CliniquesLoi 20Montée de laitProcréation assistée

C’est de la faute des infertiles

Note : Mise-à-jour du 13 mai 2016 en rouge.

En commentaire suite aux différents articles parus aujourd’hui concernant la fermeture de la clinique de procréation assistée du CHUM, j’ai dit que ça va finir par être de notre faute, les infertiles, si tout ferme. Ça m’a donné l’idée de cet article. Attention, y’en a long à dire sur le sujet. Parce qu’on commence à avoir le dos large les infertiles là.

La clinique de procréation assistée du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) fusionnera avec celle de l’hôpital Sainte-Justine, où elle sera transférée. Cette décision a été rendue par le ministère de la Santé, qui l’a justifiée par la fin du bail de la clinique située à la Place Dupuis et par la baisse d’achalandage.
Source : Il n’y aura plus de fécondation in vitro au CHUM dès le mois de juin | Radio-Canada | 24 février 2016

C’est ainsi que c’est justifié. On fusionne avec Ste-Justine à cause de la baisse d’achalandage. Correction : Finalement, cette rumeur de fusion avec Ste-Justine est infondée. Cette baisse d’achalandage est causée par la Loi 20 adoptée le 10 novembre 2015. Certains couples peuvent encore bénéficier de l’ancien programme, soit par une fécondation in vitro prescrite avant la date fatidique ou bien soit parce qu’ils ont des embryons congelés issus d’un traitement couvert. Alors ces couples trainent encore dans les cliniques de fertilité.
Mais peu de couples utilisent en ce moment le nouveau crédit d’impôt… Ce dernier, qui semble très généreux lorsqu’on entend un remboursement de 80% l’est, en réalité, très peu. Peu de patients obtiendront le 80% complet. Pourquoi ? Premièrement, le revenu du couple doit être en bas de 50 000$ pour avoir 80 %. Ensuite, le pourcentage descend à chaque tranche de 1186$ (??).  Deuxièmement, le couple doit payer et attendre les impôts pour obtenir un remboursement (à moins de choisir l’option remboursement anticipé, mais attention, vous payerez des impôts là-dessus !). On parle de 10 000$ – 15 000 $ et même plus dans certains cas, dépendamment du traitement. La plupart des couples doivent donc demander un prêt, un prêt ça a des intérêts. Et ce prêt, leur sera-t-il accordé ?
Voici le pdf détaillé du M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E (sarcasme ici là…) crédit d’impôt offert aux personnes dont ni un ni l’autre n’a d’enfant : http://www.revenuquebec.ca/documents/fr/formulaires/tp/tp-1029.8.66.2%282015-10%29.pdf

Disons qu’à long terme, oui, je crois que certains couples prendront le crédit d’impôt pour faire UN cycle de fécondation in vitro. Mais dans l’immédiat, ils ne se garrochent évidemment pas en clinique en criant : ” Yéééé mon gouvernement va me rembourser [en partie] ! “. En ce moment, certains couples envisagent d’autres options ou bien ils mettent leur argent de côté afin de prendre le traitement plus tard.

Ah et, soit dit en passant, UN cycle de fécondation in vitro, c’est insuffisant. D’autant plus que si la patiente ne répond pas bien au traitement et que le cycle est annulé avant le prélèvement d’ovules, too bad, le cycle sous crédit d’impôt est terminé. Tant qu’à n’offrir qu’un seul cycle sous crédit d’impôt, ce cycle devrait compter seulement lorsqu’il y a eu un transfert d’embryon.

N’oublions pas que la semaine dernière (février 2016), il a été annoncé que la couverture publique des médicaments pour les traitements de procréation assistée serait retirée au cours des prochaines semaines. Dans le cadre d’une FIV, il s’agit de plusieurs milliers de dollars. Et qu’en est-il des inséminations artificielles ? Elles demeurent couvertes par la RAMQ. Sauf dans le cas des inséminations avec donneur de sperme, dans ces cas-là, les patients doivent payer 500$ et plus (pour avoir magasiné ça récemment, ça tourne pas mal autour de 750$ et +) pour avoir une paillette de sperme utilisée pour une insémination. Ça ne fonctionne pas. Payez une deuxième, puis une troisième paillette… Et, ce ne sont pas que les couples homosexuelles et les femmes seules qui utilisent un donneur de sperme. Alors, si les médicaments ne sont plus couverts, les couples en inséminations devront-ils aussi payés pour leurs médicaments ? En inséminations, il y a bien sûr moins de médication, donc moins dispendieux (quand même quelques centaines de dollars pour la majorité) mais certaines patientes ont besoin des médicaments coûteux utilisés en FIV, en doses moindres.

Et le CHUM. Combien ça a coûté à mettre en place cette clinique de fertilité ? Est-ce que tout l’équipement sera déménagé et pourra servir ailleurs ?  Combien de millions à la poubelle Monsieur Barrette ?
(La dernière rumeur indique que la clinique de fertilité de Mc Gill emménagerait dans les locaux du CHUM)

Cinq ans après son ouverture, au terme d’investissements publics de 16 millions de dollars, la clinique de procréation assistée du CHUM va fermer ses portes en juin prochain, semant la consternation et l’inquiétude chez les patients infertiles et le personnel de la clinique. La décision est contestée à l’interne, d’autant plus que la clinique avait une expertise unique au Canada pour la clientèle souffrant du VIH.
La clinique du CHUM ferme ses portes | Le Devoir | 24 février 2016

Mais c’est de la faute des infertiles. Si nous poursuivions nos traitements avec la même cadence qu’avant la Loi 20, ça ne fermerait pas. Après tout, si nous n’avons pas l’argent pour nous payer les traitements, nous n’avons pas l’argent pour élever l’enfant qui naîtra. Monsieur Barrette l’a dit !

Maintenant, j’aimerais que chaque couple fertile qui tombe « enceinte » me montre right now le solde de leur compte en banque… Avez-vous tous 15 000$ qui y dort pour élever votre bébé à venir ?

De plus, ces milliers de dollars investis dans les traitements de fertilité, les couples ne les auront plus pour élever leur enfant. Bref, un argument qui ne tient pas la route. Vous vous mettez au même pied d’égalité que les clowns qui disent conneries par-dessus conneries en commentaires sous les articles de journaux. Eux, on les oublie, en majorité ce sont des trolls qui commentent tout et rien sans avoir les vraies informations. Mais, vous êtes Ministre de la Santé. De quel droit osez-vous tenir de tels propos et nous rire en pleine face ?
Et en plus de refuser d’admettre que vous avez été irrespectueux dans vos propos, vous récidivez en les répétant à Salut Bonjour !

C’est de la faute des infertiles s’il a été nécessaire de baliser le programme de procréation assistée parce que c’était trop « bar ouvert » et qu’il y a eu des abus. C’est sûr, tsé, c’est nous qui avons créé le programme rapidement sans y mettre de lignes directrices autre que d’être une femme de 18 ans et plus… C’est aussi nous qui n’avons pas chercher de solutions pour baliser le programme afin d’économiser tout en conservant la couverture publique. Aucun spécialiste n’a émis de recommandations en ce sens. Il n’y a pas eu non plus de Commission parlementaire. L’Association des couples infertiles du Québec, Dr Miron, Dr Bissonnette, la FMSQ, Dr Mahutte, Dre Carranza-Mamane, Maître Jozil, l’Association canadienne de sensibilisation à l’infertilité, Le CUSM (McGill), Dr Kadoch et le CHUM… Les centaines, peut-être les milliers, de lettres/courriels reçus par le Ministre (en tout cas, par son équipe…). Ils ont tous et toutes parlés dans le vide. La décision était claire dans la tête du Ministre. Il FALLAIT couper la fécondation in vitro « gratuite » pour être le sauveur des finances du Québec (hé, je vous cite M. Barrette !).

Le crédit d’impôt N’EST PAS une couverture publique.

L’an passé, c’était aussi de la faute des infertiles si M. Barrette souhaitait « baliser » (on en était encore au mot baliser à ce moment-là…) le programme de procréation assistée. Parce que sous la menace du projet de loi 20, les patients se précipitaient en clinique de fertilité afin de profiter du programme « gratuit » pendant qu’il était encore temps, en ignorant quand la coupure aurait lieu.

Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) est débordé: les demandes de consultation en fertilité ont doublé depuis que le gouvernement Couillard a annoncé son intention de mettre fin à la gratuité du programme de procréation assistée.
Véritable frénésie autour des traitements de fertilité
| Journal de Montréal | Janvier 2015

Plus encore, ce «blitz» qui précède la fin de la gratuité du programme de procréation assistée démontre l’urgence d’agir. «J’ai surtout constaté que c’était des coûts qui n’arrêtaient pas de monter et vous en avez une belle démonstration, […] c’est à cause de ça qu’on prend les décisions qu’on prend aujourd’hui».
Procréation assistée : Barrette envisage de fermer le robinet
| Journal de Montréal | Janvier 2015

Ces articles avaient d’ailleurs suscités une réaction de notre auteur pmgodin : Briser le robinet pour avoir une raison de vous couper l’eau

Ce matin (février 2016) à Salut Bonjour, le Ministre Barrette s’est fait rassurant. Selon lui, il n’y a aucun problème. Tout va bien !

Le Ministre Barrette n’a visiblement pas d’amis au sein des spécialistes en fertilité, ni du côté des pharmacies et les compagnies qui fabriquent les médicaments pour les traitements de fertilité.
A-t-il des amis chirurgiens plastiques ? Dans les prêts personnels ?

 

Chers lecteurs/lectrices qui lisez ce texte, j’aimerais beaucoup que vous laissiez un commentaire sous cet article.
Montrez à quel point tout est de votre faute 😉
Merci !

 

 

Marine

Marine

26 Comments

  1. 24/02/2016 at 16:24 — Reply

    Je suis #1couplesur6…
    C’est de ma faute si les finances du Québec ne vont pas bien..
    C’est de ma faute si on a du sabrer dans le programme, parce que j’ai utiliser la bar ouvert avec ma “condition” d’opk…
    C’est de ma faute si les finance du Québec vont mal…

    Je me sens tellement coupable…
    Merci Marosée de ma ramener à l’ordre!

  2. Caroline
    24/02/2016 at 16:46 — Reply

    dans l’état d’urgence, sous la menace de couper la FIV, c’est ma faute si j’ai eu une FIV moins de 30 jours après une opération majeure…Merci M. Barrette de nous avoir coupé ce qui a permis la naissance de mon fils! JE ME SOUVIENS!!

  3. Veronique
    24/02/2016 at 18:41 — Reply

    Rectification: Il n’est nullement question de fusion avec Sainte-Justine comme le prétend Barette et Radio Canada. Il n’y a rien, ni expertise de la Clinique du CHUM qui sera transféré à Sainte-Justine. Belle connerie. La Clinique du CHUM qui affiche les meilleurs taux de grossesse au Canada sera fermé, that it is sans raison valable!

  4. Audrey
    24/02/2016 at 22:40 — Reply

    #jesuisuncouplesursix ! Mon conjoint est atteint dune maladie quon appelle la.fibrose kystique qui lui empeche de concevoir un enfant naturellement et necessite une ponction epididymaire … merci cher ministre car grace a vous il ne sera jamais papa … nous avons tout 2 de tres bon travail et avons une.maison 4 chambre 2 voiture et une belle famille et amis remplis damour … mais apparament nous somme trop riche pour avoir le credit dimpot mais trop pauvre pour avoir un enfant … car nous ne pouvons assumer toute cest depense … stupide que nous sommes …

  5. 24/02/2016 at 23:40 — Reply

    Quelle arnaque… Je me croise les doigts pour qu’on ait pas besoin de FIV… C’est fou! C’est tellement gros! C’est pas croyable que le public ne voit rien aller…

  6. Myriam
    25/02/2016 at 12:09 — Reply

    Je suis 1couple sur 6. Et je suis coupable d’avoir utilisé la couverture publique de FIV pour concevoir mes deux enfants… Ça nous aura pris 4 FIV, un TEC et 2 FIV nat pour y arriver… Environ 100 000$… Je suis certaine que mes enfants seront très heureux de payer leurs impôts pour rembourser la dette qu’ils ont avec le gouvernement!!!

  7. Nathalie
    25/02/2016 at 17:30 — Reply

    Je suis un couple sur 6.
    Coupable d’avoir fait un cycle in vitro et d’avoir mis au monde un miracle de la vie. Coupable d’avoir encore 2 embryons au CHUM et l’espoir éventuel d’un 2ème enfant.

  8. Cécile
    26/02/2016 at 10:56 — Reply

    Je suis un couple sur 6! Nous avons eu un magnifique petit garçon Grace a la clinique du CHUM . Je suis scandalisée , outrée , dégoûtée d’apprendre sa fermeture . Tous ces embryons , que vont il devenir , pour les gens qui n’ont pas les moyens de se payer la FIV ? Et nous , notre deuxième enfant , comment l’aurons nous ? C’est notre faute tout ça c’est sur !!! Monsieur barrette , le jour ou il faudra détruire tous ces embryons stockes la ans j’espère que vous aurez du mal a dormir !!!!

  9. 11/03/2016 at 10:00 — Reply

    Y a-t-il un regroupement, une pétition, quelque chose? ON va occuper les bureau de Barette? On fait une action symbolique? Hier, à la clinique on m’a confirmé la fermeture imminente. Quelques spécialistes là-bas veulent faire des pressions. Est-ce qu’on s’organise? Si vous entendez parler de quoi que ce soit, faites moi signe!

  10. Karine V.
    06/05/2016 at 14:37 — Reply

    Non-coupable ici!! Parce que je n’irai pas en FIV, je n’en ai pas les moyens. En attendant, on pousse les limites de l’insémination… 6e tentative cette semaine.
    Mais quelle connerie!

  11. Kim
    13/05/2016 at 15:28 — Reply

    Je suis coupable! Parce que j’ai utilisé le programme gratuitement de la fiv pour avoir mes 3 garçons qui bizarrement ne manque de rien… Je suis coupable parce que j’ai utilisé un cycle et j’ai eu 3 garçons je suis coupable parce que la clinique a décidé d’implanter les deux embryons cryogenisé en même temps, car ils semblaient être plus fort ensemble et que j’ai eu une grossesse gémellaire… Je me semble d’être coupable de payer encore mes impôts puis de ne plus avoir de services et plus on paie et moins on en a… Mon opinion…

  12. Sophie #1 sur 6
    13/05/2016 at 15:46 — Reply

    voici la lettre que j avais fait parvenir … Nous ses citoyens problematique qui coute si cher a la societé :(:
    Mon amoureux et moi avons décidé d’avoir un enfant il y a près de 3 ans. Une décision qui ne s’est pas concrétisée, puisque nous ne sommes visiblement pas encore parents. Dans le cadre de la loi 20 adopté, je prends la parole sur la question, parce qu’il est important pour moi de faire changer les choses. Et surtout, parce qu’il faut en parler, pour que vous qui avez voter pour cet loi, apportez des changements pour nous permettre de vivre ce bonheur que c’est d’être parent. Car je comprends, que vous qui avez voter pour cette loi, vous ne souffrez pas d’infertilité.

    Vivre l’infertilité c’est d’abord faire face à une réalité qui nous choque, nous déstabilise, nous fragilise. Au début, cela tient davantage de l’hypothèse, mais, au fil du temps, nos doutes se confirment et deviennent inévitables. Il faut alors affronter la situation et faire avec le lot de déceptions, de craintes et d’incertitudes qui l’accompagne. Parce que vivre l’infertilité, c’est expérimenter une riche gamme d’émotions. Des émotions intenses qui prennent le dessus sur tout à certains moments. Des émotions que le commun des mortels qualifierait de négatives: la colère, la tristesse, la jalousie, l’impuissance, etc. Mais des émotions qui, tout compte fait, nous permettent de nous garder en vie.

    Vivre l’infertilité c’est se sentir abandonné par la vie et, dans des élans de découragement, accuser ciel et terre de cette injustice. C’est essayer de donner du sens à quelque chose qui n’en fait pas. C’est désirer un enfant de façon viscérale et espérer. Vivre l’infertilité c’est se battre contre la vie, contre sa vie, pour une vie. C’est parfois se sentir illégitime et se justifier. Et c’est ultimement accepter.

    Vivre l’infertilité c’est faire des deuils, en commençant par le deuil de la facilité. Ce qui est le plus naturel qui soit pour la grande majorité de l’humanité, c’est-à-dire se reproduire, ne l’est pas pour nous. Et quoi qu’il existe beaucoup de mythes sur la question, cesser d’y penser ou lâcher prise ne sont pas toujours gages de succès. C’est aussi faire le deuil d’un enfant conçu de façon passionnée et spontanée, sans intervention médicale, ou faire le deuil d’un enfant biologique. C’est parfois faire le deuil suite à une fausse couche ou faire le deuil d’un bébé mort-né qui semble n’avoir existé pour personne, mais qui, pour nous, était bien réel. C’est constater qu’autour de soi, certains deviennent parents sans l’avoir préalablement souhaité ou sans l’avoir planifié. Alors que d’autres le sont sans qu’on leur ait toutefois transmis ce qu’il faut dans leur enfance pour assumer ce rôle pleinement. C’est réaliser qu’un très grand nombre de femmes interrompent une grossesse non désirée. Une fois, deux fois, trois fois. Vivre l’infertilité c’est se comparer et constater que pour certains c’est rapide et pour d’autres plus long, que certains auront plusieurs enfants et d’autres aucun.

    Vivre l’infertilité c’est vouloir verser toutes les larmes de son corps chaque fois que les menstruations reviennent. C’est dépenser de sommes incroyables pour des tests de grossesse qui s’obstinent sans relâche à réduire en miettes nos espoirs tenaces. C’est ingurgiter acide folique, hormones et médicaments. C’est prendre sa température chaque matin et faire des graphiques. C’est lever les jambes après le coït, humiliée et blessée, mais prête à tout tenter. C’est croire des professionnels de la santé qui se sont peut-être trompés ou échapper à la statistique.

    Vivre l’infertilité, c’est passer devant les rayons de vêtements pour enfants en ayant un énorme pincement au cœur et se sentir coupable d’avoir envie d’acheter compulsivement de minuscules pyjamas.

    Vivre l’infertilité c’est se sentir frustré quand une femme enceinte se plaint d’inconfort, alors qu’elle caresse son bedon rond, pleine et heureuse. C’est quand toutes les conversations des pères et des mères, portant sur un seul sujet, leur enfant, te ramènent à ton sentiment d’échec. C’est rager quand quelqu’un énonce ses difficultés à exercer sa parentalité sans donner l’impression d’avoir conscience de la chance qu’il a. C’est ressentir une douleur vive au moment de l’annonce de la grossesse ou de l’accouchement d’une personne de l’entourage. Enfin, c’est se sentir pitoyable et ignoble de projeter sa peine à travers les moments les plus heureux de la vie d’un couple d’amis, de membres de la famille, de collègues de travail ou même de purs inconnus. C’est aussi vivre le bonheur des autres par procuration, faute de pouvoir le vivre soi-même. C’est vouloir parler constamment de cette souffrance sans savoir quoi dire ou comment le dire ou sans avoir l’opportunité de le faire. C’est en vouloir à la terre entière ne pas comprendre, de ne pas savoir écouter, de juger ou de dire la mauvaise chose au mauvais moment.

    Être un couple infertile, c’est vivre une blessure profonde, c’est douter, c’est traverser une grande épreuve ensemble mais seuls, unis mais déchirés. C’est parfois se replier pour survivre, alors que notre désir le plus fort est de ne plus avoir à se centrer sur nous-mêmes et sur notre détresse, mais de s’ouvrir à un enfant pour tout lui donner, notre cœur, notre âme, notre vie. C’est partager une réalité avec d’autres couples infertiles, puis parfois se retrouver seuls, les bras vides, sur la ligne d’arrivée.

    En fait, les personnes infertiles sommes des survivants qui vivons dans un état permanent de manque. Nous vivons avec un handicap social, qui passe parfois inaperçu, mais qui laissent des traces indélébiles à l’intérieur de nous. En vérité, seuls les pleurs et les rires d’un enfant pourront nous guérir et nous réparer. En marge de la société, amputés dans nos désirs vitaux, nous n’aspirons qu’à vivre dans la normalité. À bercer, à disputer et à s’amuser avec notre enfant. Nous vivons l’absence au quotidien, sans prénom ni photo auxquels s’accrocher, en attente d’un miracle qui tarde à se manifester. Avec, comme seule compagnie, le vide, et comme seule consolation, nos prières, qu’un jour, se soit enfin notre tour.

    Avec l’adoption de la loi 20, vous venez de nous couper cette chance de vivre dans la normalité. Vous venez de décider qui avait le droit ou non d’être parent. En clair les riches feront des meilleurs parents que nous, puisque eux ont les moyens de supporter le prix des traitements Et vous savez aussi bien que nous les gens moins bien nantis de peuvent se permettre des traitements de plusieurs milliers de dollars. Svp je vous invite à vivre tout le processus d’un infertile, à vivre ses échecs et ses nombreuse attentes sans être récompensé par la vie. Effacez tous vos souvenirs que vous avez de vos enfants et remplacer-les par le vide … un énorme VIDE. Laissez-nous la chance d’être parent …. RÉVISEZ VOTRE LOI 20.

    • Petite fleur
      17/05/2016 at 15:57 — Reply

      Quelle lettre qui exprime exactement comment on se sent. Je ne peux expliquer à quel point cette loi me frustre. Certes, j’ai eu la chance d’avoir mes deux enfants par fiv, mais je ne comprends absolument pas pourquoi nous devrions payer pour quelque chose de si naturel. Et on continue de payer pour ceux qui se font avorter, ou encore ceux qui décident qu’ils ne veulent pas d’enfant et hop, une petite chirurgie! C’est enrageant, vraiment

  13. Marie
    13/05/2016 at 16:06 — Reply

    Je suis un 1 couple sur 6, coupable d’être infertile ainsi que mon conjoint. Coupable d’avoir utilisé les finances publiques pour mettre au monde 2 beaux enfants, coupable de ruiner la société en élevant 2 enfants qui vont payer des impôts plus tard…

  14. Corine O.
    13/05/2016 at 16:09 — Reply

    Ca l’air que c’est ma faute aussi.
    Désolé, on nous reproche qu’a 30 ans on a pas de maison, mais mon cashdown passe pour payer mes traitements. Nous n’avons pas de gros salaire, mais nous n’avons pas de dettes.

    Infértilité iconnu a 30 ans. yé.

    Puis j’ai mis au défi tous les couples qui ont eu des enfants. Si on leur avait dit qu’ils auraient du déboursser 15 000$ par enfant, est-ce qu’ils auraient pu se le permettre?

  15. Valerie
    13/05/2016 at 17:15 — Reply

    Désolé je suis un couple sur 6 ! C’est ma faute ! Coupable de l’infertilité et d’avoir utilisé une fiv et transfert tec !!!

  16. Ana Paula
    13/05/2016 at 17:31 — Reply

    #1couple sur 6# on a eu la chance d’avoir deux beaux garçons issu d’un seul cycle de FIV. Mais les dommages psychologique des mots utilisé par une personne, en théorie, aillant un certain niveau de culture et d’études vont rester…. On n’utilise pas les services des cliniques spécialistes et on n’aime pas prendre des quantités énormes d’hormone juste parce que c’est ‘gratuit’.

  17. 13/05/2016 at 17:35 — Reply

    Mère porteuse pour un couple infertile…. Je ne connaissais pas l’infertilité avant de me lancer dans se processus (maman de 3 enfants maturel) que nous avons eu gratuit de justesse…..Être maman chaque petite fille à jouer à l’être étant petite avec sa petite poupée sous son chandail pour créé sa petite bedaine…….. Alors oui c’est viscérale !! C’est en dedans de chaque femme se besoin. Je suis présentement enceinte de 19 semaines du bébé de quelqu’un qui ne pourra le sentir bouger, avoir des nausées etc mais qui OH combien voudrait tellement vivre c’est petit moment tellement banal pour quelqu’un de fertile qui n’y comprend rien !! (vous Mr Barrette) et Mr Barrette j’ai vu la peur, la déception, la fatalité que vous avez mis dans les yeux de c’est couple….. Et vous en rajouté en plus avec la loi sur les médicaments !! Si se n’est pas de l’acharnement……Vous avez des enfants Mr Barrette et même si je ne souhaite à personne de vivre l’infertilité…..une partie de moi espère que vous connaîtrez l’envers de la médaille……..

  18. Nancy
    13/05/2016 at 18:55 — Reply

    Bon c’est ma faute aussi après plus d’une dizaine d’inséminations et de gros traitement d’hormone, vous aller être contente M. Barette les traitements m’ont rendu malade et je n’ai plus droit aux hormones alors vous avez sauvez, je n’ai pas profité du invitro. Mais non comme vous avez si bien dit pas capapble de payer donc pas capable de payer pour élever mes enfants mais je vous annonce que vous, vous aurez un ou une payeuse d’impot et de taxes de moins. C’est des 1000$ et plus par mois de frais mais le côté humain, les échecs … M. Barette mettez-vous votre argent ou est-ce que vous savez que vous aller la perdre…sûrement pas

  19. sanny
    13/05/2016 at 19:29 — Reply

    Je suis 1 couple sur 6. Je tiens à dire que ton texte est très touchant et je me suis reconnue dans tes paroles (Sophie). C’ est ma faute si je suis incapable de concevoir un enfant. Il y a environ 6 mois j’ai apprise que je m’ en allait tranquillement vers la ménopause et ce 20 ans en avance et que la seule chance de pouvoir avoir un enfant est d’allée vers le don d’ovule qui soit dit en passant est taxable !!! C’ est facile de dire que c’ est pas grave de fermer tel ou tel programme ( pour certaine personne)jusqu’ au jour où on le vie!! Je le souhaite à personne de vivre cette situation!!! Bon courage à tous!!

  20. 13/05/2016 at 19:34 — Reply

    Je peux pas être coupable puisque je n’ai pas les moyens de payer une FIV mais jamorce ma 6eme tentation d’insemination qui ne fonctionne pas merci supposé Dr.Barrette d’essayer de nous mettre le blame mais moi j’vais le mettre sur son dos a lui moi!!!!!!!!!

  21. Caroline Marquis
    13/05/2016 at 23:32 — Reply

    Je suis désolée, c’est de ma faute, je n’ai pas encore commencé le programme, alors je n’ai pas dépensé d’argent pour la clinique. Je sais juste que je ne produit pas d’ovules par moi-même et que je dois être sous surveillance constante si je décide d’essayer car mon utérus a tendance (quand on le laisse sans surveillance) à sur-développer mon endomètre pour qu’il devienne un environnement propice pour les cellules pré-cancéreuse…

    Je suis découragée et je n’ai même pas commencé les démarches. Merci beaucoup à notre charmant ministre. Quelqu’un a pensé demandé un cœur pour lui au magicien d’oz ?

  22. Catherine
    14/05/2016 at 09:03 — Reply

    Coupable pour nous aussi …. Après plus de 7 années en clinique de fertilité. Nous avons commencé par les super inséminations qui n’ont rien donné, 2 MIV qui mon donné une joie MAIS à court terme car j’ai fais 2 fausses couche suite à mes 2 MIV et 2 Fiv stimulé couverts. J’étais tellement persuadé que je finirais pas gagner cette bataille de marde que j’ai payé des FIV stimulé de ma poche 9 500$ et 15 000$.

    C’est certain que tout les couples infertiles ont ce montant à la banque ….en tout cas pas moi alors je me suis endetté. Pis le bout du bout, vous voulez couper pour les médicaments ….. Un vrai cauchemar ce que vous faite avec nous.

    À ce que je sache, nous payons notre couverture pour nos médicament (ass. Privée) pis j’ai pas droit à la couverture des médicaments pour un traitement de fertilité ??????? Pis en plus l’infertilité est reconnue par l’OMS. Voyons dans quel monde vous êtes Monsieur Barette???

    Pis vous vous pensé qu’avec une seule fiv tout les couple infertile vont avoir un enfants dans leur bras au bout d’une seul fiv??? C’est quoi votre problème avec les personnes infertiles ….. Quand vous allez avoir fini de couper avec nous les infertiles vous allez attaquer qui ???? Les diabétique???? Les cancéreux ???? C’est tellement de notre faute si nous sommes un couple infertile.

  23. Marie-Claude
    14/05/2016 at 10:25 — Reply

    Maintenant 15 ans que j’ai enfin rencontré l’homme de ma vie celui avec qui je voulais devenir mère avec qui je partage les même valeurs. Je veux que mon homme qui partage ma vie soit le père des mes enfants. On s’est fait lit bien douillet, une maison pour enfin pour accueillir ceux qu’on parle déjà nos enfants. On les imagine, on les voit, on les aime déjà 🙂 on a tellement hâte après plusieurs années d’essai enfin je tombe enceinte….malheureusement une fausse couche…et une autre quelques années plus tard…par la suite la clinique de fertilité des rendez-vous qui n’arrête pas. On y va , on est confiant! Let’s go on va réussir. On s’aime, on s’appui dans cette démarche qui n’est pas de tout repos…inseminations infructueuses, deux fiv negatives. Et la troisième s’en vient et on reste positif on se dit que celle là sera la bonne. C’est de notre faute ce qu’ils nous arrive? Tout ses mois de deceptions, cette tristesse qui nous envahi lorsque le téléphone sonne pour nous dire que ca n’a pas fonctionné encore ce mois ci….et bien cher monsieur Barrette le chemin que mon homme et moi transversons je ne le souhaite pas à personne ni à mon pire ennenmi….parce que dans ce chemin j’y laisse avec ma peine un morceau de moi à chaque mois….un morceau de nous. C’est de notre faute c’est sur notre dos est bien large et nous sommes forts les gens qui font toutes ses démarches. Revenez sur votre décision ca na pas de bon sens! On n’a pas choisi pas d’être infertile c’est une maladie!!

  24. Selma
    02/06/2016 at 17:10 — Reply

    Si les animaux ont le droits d’avoir des enfants .Nous les être humains non ,j’ai eu mon garçon en2014 grâce à la clinique CHUM et j’ai d’autre embryon congelé qui vont pas voir la lumière mais je fais confiance au Dieu je vais prié pour moi et pour tous ses qui veulent avoir des enfants juste parce que ” Dieu est GRAND”

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