Notre dernière FIV datait de l’été 2013. Avec le négatif et la non-survie des embryons à la décongélation, je n’avais pas du tout la force de me lancer tout de suite dans le processus.
Un moment donné, j’ai eu le déclic. Qui ne risque rien, n’a rien. Je vais passer au travers peu importe ce qu’il arrivera.

Nous avons aussi changé de clinique, ce qui a un peu augmenté l’attente, mais je ne regrette pas ce choix. Ne serait-ce que j’ai beaucoup moins de voyagements à faire pendant la FIV.

Mon protocole est un peu différent de celui de l’autre clinique. Il s’étale sur 2 cycles et pas totalement avec les mêmes médicaments, ni les mêmes doses.
L’aventure commence au jour 21, avec le début de la prise d’Estrace, qui va me donner des règles artificielles quelques jours plus tard (à moins d’être miraculeusement enceinte).
Mes règles débutent 8 jours après le début de la prise d’Estrace. J’appelle à la clinique. J’ai ma place. Je commence les injections 2 jours plus tard.
Chaque soir, je dois faire le mélange de 200 unités de Gonal-F et 75 unités de luvéris. Ce sont des médicaments de stimulation des ovaires.

Première échographique endovaginale et première prise de sang au 6e jour, le matin. J’ai déjà beaucoup de follicules. Ça va bien.
Dans l’après-midi, l’infirmière m’appelle pour me dire de continuer les injections aux mêmes doses et de commencer la prise de l’antogoniste (Orgalutran) le lendemain matin. Ce médicament est pour empêcher une ovulation spontanée. Je dois le prendre jusqu’au déclenchement artificiel de l’ovulation.

Donc, 3 jours plus tard, nouvelle écho et prise de sang. On me rappelle un peu avant-midi pour me dire de revenir 2 jours plus tard, que là probablement je serai prête à être déclencher.
On y retourne le dimanche, nouvelle écho et prise de sang. C’est tranquille le dimanche à la clinique de PMA ! Mon copain est avec moi et je le fais entrer avec moi dans la salle d’échographie. Je souhaitais qu’il puisse tout voir. Le technicien a été gentil, il lui a tout expliqué au fur et à mesure. J’ai beaucoup de gros follicules. L’ovaire gauche est toujours difficile à atteindre et difficile à avoir une image claire. Mais au bout de quelque temps et quelques « ouch c’est sensible » de ma part, on finit par réussir. Mon ovaire gauche est celle qui a le plus travaillée à cette FIV en plus !

Dans l’après-midi, je reçois l’appel de l’infirmière pour me dire d’arrêter Orgalutran,  de prendre ma dernière dose de Gonal F et de luveris le soir-même avant 19h30. Parce qu’à 21h30, je me déclenche avec le HCG. Ponction le surlendemain.

Matin de la ponction. On part très très tôt pour ne pas être pris dans le trafic et arriver en retard, ce qu’il ne faut absolument pas ! On ne veut pas ovuler avant la ponction ! On a eu un peu de trafic, mais nous étions tellement en avance que ça ne nous a pas mis en retard.

Comme il s’agit de ma troisième ponction, je suis très habituée sur la façon de procéder, même si ce n’est pas la même clinique. J’avais pris un ativan la veille et un le matin, j’étais biiiin relax.
On vient me chercher et on m’installe sur un lit. Je dois me déshabiller au complet et mettre une jacquette, des pantoufles et un casque. Mon chum lui doit enfiler une tenue de bloc opératoire par-dessus ses vêtements, mais avant il doit aller faire son petit échantillon. L’infirmière m’installe mon soluté et me fait prendre un anti-douleur oral avec un peu d’eau.
Je n’ai pas trop conscience du temps qui passe. Je trouve qu’on m’amène quand même rapidement au bloc opératoire, alors que je pensais qu’il était plus tôt. Mais je suis quasi-knock-out…

Au bloc, on m’installe rapidement. En fait, je m’en souviens très peu. On m’a demandé si c’était la première fois, je leur réponds que non et que ça avait bien été les 2 autres fois. Le docteur est là, il nettoie la « zone », insère un spéculum (je ne suis plus sûre de l’ordre), fait ses piqûres dans le vagin (outccchhh oui outch !), puis il commence la ponction. Tout se passe comme sur des roulettes. Je dirais que je sentais un peu plus ce qui se passait dans mon ventre qu’aux autres ponctions, mais ça ne faisait pas mal. De légères crampes. Je pense que la ponction n’a même pas duré 10 minutes.
Je ne me rappelle pas du tout du moment où je suis sortie du bloc jusqu’à la salle de réveil. Je me souviens juste qu’à ma sortie, l’embryologiste a crié être rendu à 15 ovules.

Salle de réveil. Je ne veux que dormir. Mais je n’ai pas mal. En fait, je vous dirais que c’est la ponction avec le meilleur rétablissement que j’ai eu. Je n’ai pas eu très mal, pas eu besoin de prendre des tylénols les jours suivants.
L’embryologiste vient nous voir. Elle nous parle de l’échantillon de sperme, qui est meilleur qu’avant, et que j’ai 16 ovules.
On me prescrit un médicament pour empêcher une complication : l’hyperstimulation.

Au bout d’une heure ou deux, j’ai pu sortir de la clinique et retourner à la maison. Refaire dodo…
Le soir, début du médicament ASA (aspirine légère) et des injections de progestérone dans la fesse. C’est mon chum qui me fera les injections. Je trouve l’aiguille trop longue, je serais incapable de me la rentrer toute seule.

Le lendemain, l’embryologiste appelle pour nous dire qu’on avait 13 ovules matures, qui ont tous été injectés d’un spermatozoïde, et que 9 ovules ont été fécondés.

3 jours plus tard, elle rappelle pour dire que 6 beaux embryons de 7-8 cellules se développent. Les 3 autres: 2 traînent de la patte et le dernier se développe trop rapidement. Comme j’ai plus que 4 embryons, on pousse en culture prolongé, pour avoir des blastos jour 5. J’avais bon espoir d’en avoir 2 ou 3.

Au jour 5, elle m’appelle pour m’annoncer un transfert d’un blasto 5 bc. Au bout de quelques questions, elle me dit qu’à jour 5, on a que ce blasto. J’étais déçue. Sur 9 fécondés, 1 seul blasto jour 5, encore une fois. Elle me parlait de qualité moyenne en plus. Je paniquais un peu. Elle m’a dit qu’il y en a deux qui pourraient être blasto le lendemain et être congelés.

C’est un sentiment indescriptible. La joie d’avoir un transfert et de peut-être être enceinte quelques jours plus tard, versus la déception de ne pas produire plusieurs embryons, de ne peut-être pas en avoir au congélo pour utilisation future, advenant un échec de ce transfert ou pour un deuxième bébé. J’avais en tête ma docteure qui me disait « mauvaise qualité embryonnaire ».
Mon chum me trouvant négative, j’ai dû me resaisir rapidement pour que nous montions à la clinique pour le transfert.

À la clinique, on m’installe rapidement, mais j’attends longtemps… Avant moi, il y avait une ponction au bloc opératoire et lorsque la fille est revenue en salle de réveil, on a compris que ça ne s’était pas bien passé. Beaucoup de douleurs, ça été long…
Mon transfert prévu à 10h30 a finalement eu lieu plutôt vers 11h30.

Ça s’est bien passé. Même si j’ai trouvé ça très long…J’avais froid, jambes dans les airs, nervosité, crainte que ce soit le seul transfert encore de cette FIV… J’ai trouvé que j’ai eu longtemps le spéculum installé, ouff, j’avais hâte que ça finisse… Sinon, je n’ai ressenti aucune douleur. Et c’est merveilleux de voir le petit point blanc (l’embryon) se promener dans mon utérus sur l’écran d’échographie.

Après le transfert, l’embryologiste est venue nous porter la photo que je lui avais demandée.
Fécondation in vitro - Embryon - Jour 5 - Blastocyste - Procréation assistée
Un embryon jour 5, blasto, de grade 5 bc.
Il commençait à se compacter et était sur le point d’éclore.
Elle a aidé son éclosion en lui faisait une minuscule incision qu’on appelle « hatching ».
Elle nous a dit que l’image a été grossit 400 000 fois !

À la sortie de la clinique, nous avions dépassé l’heure du dîner et nous avions faim. Nous avons décidé de faire un peu de route et arrêter dans un restaurant pour dîner. Se changer les idées.

J’ai passé le reste de la journée et la journée suivante, bien calme à écouter la télévision et naviguer avec ma tablette sur le net.
2 jours après, je suis retournée au travail. Comme je suis temps partiel, j’ai eu 2 autres journées de repos, puis travail le vendredi, puis nouvelle fin de semaine de repos.

Je remercie les US Open de m’avoir divertie pendant ma convalescence suite à la ponction ainsi que mes journées de repos suite au transfert. 😉

Quelques jours après le transfert d’embryon, nous avons eu la confirmation qu’aucun embryon n’a été congelé. Deux se sont bien rendus au stade blasto à jour 6, mais leur qualité n’était pas assez bonne pour être congelés.
Après avoir pleurer un peu. Je me suis habillée chaudement, je me suis roulée dans une doudou devant la télévision et j’ai flatté mon ventre…

À voir : L’attente et le résultat

Marine

Marine

2 Comments

  1. B
    18/09/2014 at 13:46 — Reply

    Bonjour,

    merci de partager cette expérience. Ça fait du bien de savoir que des gens partagent ce que l’on vit. Mon chum et moi en sommes à notre première FIV et j’avoue ne pas trop savoir à quoi m’attendre, j’aime bien l’expérience concrète décrite ici.

    Depuis le début de nos consultations, j’avoue avoir eu beaucoup de doutes quant aux médecins que j’ai rencontré et surtout sur parfois le manque de ” médecine personnalisée” ou de “juste prendre le temps de t’annoncer quelque chose de difficile”. Je suis aussi inquiète de la feuille pré-cochée de 9 médicaments à prendre …. Je suis curieuse; quelle était votre ancienne clinique ou les embryons ne survivent pas et que tout le monde semble au courant ?

    Merci

    • 18/09/2014 at 18:53 — Reply

      Merci pour votre message. Le but de ce site, c’est ça. Partagez notre expérience pour aider d’autres couples ou pour sensibiliser les gens qui ne s’y connaissent pas.

      La clinique… je parle de Procréa Québec. C’est sûr que vu mes “échecs” là-bas, j’en parle parfois un peu durement… Je trouve qu’ils sont peu flexibles, qu’ils ne s’adaptent pas toujours aux cas spéciaux, qu’ils ne proposent pas beaucoup de solutions.
      Concernant la congélation des embryons, ils n’utilisent pas la même technique que d’autres clinique. Mais ils ont peut-être changé de méthode, je l’ignore. Ils utilisent (utilisaient) la cryoconservation et d’autres cliniques, c’est la vitrification.
      Ce que je sais c’est que leur statistiques de décongélation d’embryons tournent autour de 70% et que d’autres cliniques atteignent le 90% et plus.
      Aussi, avant, ils congelaient les embryons en paires. Maintenant, j’ai cru comprendre qu’ils ont changé et les congèlent individuellement.

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