Loi 20Témoignages

Les douleurs du passé

Voici une histoire difficile à écrire puisqu’elle brasse les douleurs du passé. Elle part d’un rêve que nous avions: celui de former notre petite famille.

Pour voir la vidéo partagée sur Facebook :
https://www.facebook.com/misfitminoo/videos/1094308733921339/?pnref=story

En 2009, en soirée, c’est comme un coup de poignard se fait ressentir dans l’utérus, côté droit. Je suis incapable de bouger, je suis plier en deux, je n’arrive plus à respirer t’en ça fait mal. Aussitôt arrrivée à l’urgence, la gynécole en service (Dre.Johnson), m’annonce qu’elle doit m’opérer d’urgence. Ma trompe de fallope droite a éclaté dans mon ventre et je fais une hémorragie interne. J’ai, bien entendu, perdu le bébé.

En larmes, j’apprend qu’ils doivent m’endormir et j’ai très peur. Elle me dit que je suis en danger de mort. Au réveil, on m’informe que c’est une grossesse ectopique avec rupture de trompe. J’ai dû affronter le deuil de cette grossesse, le deuil de ma trompe de fallope et la douleur suite à l’opération. J’ai eu mal, j’en ai pleuré un coup, mais nous nous sommes relevé, s’accrochant à l’espoir.

Six mois plus tard, deuxième grossesse ectopique, même douleur, même inquiètude. On m’opère encore d’urgence suite à des douleurs. Cette fois-ci, la gynécologue a brûler la trompe chirurgicalement. Heureusement, je n’ai pas perdu cette trompe. Mais le bébé, oui. Un autre deuil.

Et plus tard, 2 autres ectopiques encore, prise à temps. L’injection par seringue, dans la fesse, me fait avorter en quelques heures. Et l’enfer continue. À chaque mois, si j’ai un petit retard, je fais des test pipi, payés de ma poche. Lorsque j’ai de plus longs retards, je me présente à l’hôpital avant 8h am pour une prise de sang qui détecte l’hormone de grossesse (betaHCG). Et à chaque fois, avec un stress énorme parce que j’ai peur de mourir de ma grossesse désirée, j’attends la réponse de l’infirmière. Plusieurs journées d’école manquées, je décidai alors de quitter mes cours de soins infirmiers pour me concentrer sur ce projet. Dans mon couple, c’est maintenant le stress, on se fâche, on pleure, on est épuisé. Je me sens coupable et dépressive.C’est difficile à vivre et mon couple en prend un coup.

En 2010. ma gynécologue, après les opérations, prises de sang et examens dont certains douloureux, conclût qu’il me reste que la grossesse in-vitro comme option. Que nos chances d’avoir un enfant sont presque nulles sans cette technique puisqu’il ne me reste qu’une trompe, qui est en très mauvais état. Elle me réfère au Centre de reproduction du CUSM.

Je prends les informations et on m’annonce que le traitement est payé par la RAMQ! Nous sautons de joie, notre rêve pourra devenir réalité. L’espoir et l’amour sont maintenant revenu en force dans notre couple.

Des mois d’attente, plusieurs rendez-vous demandant beaucoup d’organisation. Mais ça y est, on approche.

Nous comprenons assez rapidement qu’on est loin de la gratuité. Il y a des médicaments très cher à payer, certains examens sont coûteux, le stationnement est payant et les journées de travail manquées non payées font un trou dans notre budget.

J’ai dû m’auto-piquer dans la cuisse plusieurs jours avec une seringue de citrate de clomifène pour stimuler la production d’ovules. Je prends aussi des comprimés. J’ai des effets secondaires comme les émotions en montagnes russes, l’insomnie, la prise de poids (35 livres). Mais je m’accroche à l’espoir.

Enfin, on me récolte beaucoup d’ovules d’excellente qualité. Et mon rendez-vous est donné. J’aurai ma FIV. Le bonheur, la joie de ne pas avoir fait tout ça pour rien. Je dois prendre encore plusieurs médicaments.

Le jour du transfert, mon mari et moi sommes zen, heureux et pleins d’amour. Nous filmons la scène. C’est un peu douloureux et stressant, mais nous y croyons. Quelques jours plus tard, on m’annonce que je suis enceinte.

Mais je finis par le perdre. Un autre deuil. Nous sommes déçu mais savons qu’ils nous encore plusieurs chances.

Deuxième essai; encore beaucoup de médicaments, de rendez-vous, de médicaments, de dépenses. Mais on garde espoir. Ça n’a tout simplement pas fonctionné.

Après ces quatre années très difficiles moralement, physiquement et financièrement, nous décidons de prendre une pause. Nous avons même penser mettre fin à notre couple. L’ambiance était relié qu’à l’échec.Je ne voulais plus rien savoir de ce traitement ni d’avoir d’enfant pour un certain moment, le temps de reprendre le dessus.

En 2015, on s’est dit ça y est! Après le mariage, on recommence tout.

Malheureusement, avec la loi 20, nous perdons espoir. Notre rêve de fonder une famille unie prend fin.

Avec la loi 20, selon ma situation, je ne peux plus continuer les démarches. J’en étais à mon troisième essaie de transfert d’embryon. Nous devrons payer maintenant plusieurs milliers de dollars, sans savoir à quel moment enfin ça fonctionnera.

Nous avons tous fait ça pour rien. C’est inhumain. On nous a permis de rêver quelques temps, malgré les difficultés et d’un seul coup on nous enlève tout.

Maintenant je rêve que cette loi privative soit abolie pour que l’avancé scientifique qu’est la fiv soit profitable pour les gens désirant avoir un enfant qui sera voulu et aimé.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ma lettre, puisqu’elle est sincère et écrit avec mon coeur.

Kathleen

 

——————

Vous aimeriez vous aussi que votre opinion ou témoignage soit publié, envoyez-le nous à emotionsinvitro@gmail.com
Merci !

Émotions invitro

Émotions invitro

Compte admin de ce site web qui représente toute l'équipe d'auteur(e)s ! emotionsinvitro@gmail.com

No Comment

Leave a Reply

Previous post

Couples médicalement infertiles, je nous pleure…

Next post

Mot de l'ex-présidente de l'Association des couples infertiles du Québec