Loi 20Témoignages

Mon couple est infertile. Comme #1couplesur6 au Québec.

C’est un dur constat auquel nous sommes arrivés après plusieurs mois d’espoir… Après tout, à 28 ans, en pleine forme, ça ne devait pas être bien long! Au fil des mois, la frénésie des débuts fait place à un peu plus d’impatience. Tests d’ovulation, courbes de température: là c’est certain qu’on ne peut pas passer à côté! Puis, on désespère un peu plus. Les bons vieux trucs apparemment infaillibles comme partir en voyage, lâcher prise et penser à autre chose nous font rager. La chambre vide du futur bébé nous rend déprimés. Et LA question: “c’est pour quand les bébés?” nous fait sentir tellement impuissants…

Après plus d’un an à espérer et désespérer, à rester à l’écoute d’un signe d’une possible grossesse débutante, et à constater mois après mois que ce n’était pas le bon, nous décidons de consulter. Les examens s’enchaînent et nous sommes un peu soulagés d’être pris en charge par des spécialistes de la fertilité: enfin on devrait trouver une solution rapide et efficace! Le verdict tombe: rien de majeur à signaler, c’est une question de temps et de quelques traitements pour augmenter nos chances! Bon! Ça ne devrait pas être bien compliqué! S’en suivent des mois de stimulations ovariennes, multiples échographies pelviennes, rendez-vous avec les gynécologues, examens plus poussés, inséminations… À chaque fois il s’agit d’un nouvel espoir:  Ce mois-ci, c’est le bon! Suivi d’un nouvel échec, toujours plus cuisant. La peur s’installe… Une peur viscérale de ne jamais avoir d’enfant… Cette peur, il faut être infertile pour la connaître vraiment… On fait quoi? Quel sera le sens de notre vie, de notre couple? Est-on prêt à vivre sans enfant? À adopter?

Après plusieurs mois où nous commençons à moins y croire: il nous reste une solution. La solution ultime, la dernière pour avoir un enfant biologique: la fécondation in vitro. Ce qui nous faisait peur au début du processus, nous l’envisageons maintenant avec hâte. Après plusieurs examens, injections de milliers de dollars d’hormones, surveillance par échographies, prélèvement d’ovules par ponction des ovaires, nombreuses journées de travail manquées, un petit embryon est transféré!!! Ça y est, je suis théoriquement enceinte de ces cellules d’espoir! Dix jours à parler à notre “mini-nous” et à souhaiter de tout notre coeur qu’il s’implante pour les huit prochains mois! Au terme de cette période critique, le test de grossesse devient l’épreuve finale… Que nous échouons lamentablement encore une fois… C’est incroyable toute la haine qu’on peut ressentir face à ce petit bâton de plastique! Cette fois, la peine est immense… Ce petit embryon que nous avions vu au microscope quelques jours plus tôt n’est plus… L’espoir fait de nouveau place au deuil et à la peur de ne jamais y arriver. On se trouve un peu niaiseux d’y avoir encore cru… Nous sommes bien prêts à recommencer, mais à combien d’échecs est-il humainement possible de survivre? C’est le coeur en miettes que nous traversons les mois suivants, dans l’attente de pouvoir reprendre une fois de plus le processus. La Fête des Mères n’aura jamais été aussi lourde de tristesse… Finalement, au deuxième transfert d’embryon, la vie nous fait un cadeau formidable: je suis enfin enceinte!! Tout le stress accumulé dans les dernières années s’écoule en larmes de bonheur et de soulagement! Enfin, nous allons être parents! Nous serons toujours reconnaissants à la vie de nous avoir donné cette chance!

Concevoir un enfant aura été un combat, notre combat pendant plus de deux ans et demi. Il nous aura fait connaître l’envie, la jalousie, la peur, mais il nous aura aussi rendus plus forts. Plus forts comme personnes, plus forts comme couple et plus forts comme futurs parents. Jamais nous ne pourrons oublier l’angoisse que nous avons connue dans ce processus. Jamais nous ne pourrons remercier assez la vie pour ce petit être que nous avons tant espéré, qui se joindra à nous en mars. Un petit miracle… notre petit miracle!

Mon couple est infertile. Comme un couple sur six au Québec… Notre histoire se termine bien, mais le dénouement aurait pu être tout autre sans l’accès à la procréation médicalement assistée. Soyons solidaires afin que tous puissent avoir l’opportunité de garder espoir d’un jour fonder une famille! Parce qu’en 2015, la fécondation in vitro est parfois le traitement de choix pour y arriver… Ne laissons pas la loi 20 détruire le rêve de trop nombreux couples…

Val

 

 

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