J’ai reçu une suggestion pas folle du tout de Sara. Celle de parler de ce que vous pouvez dire aux couples infertiles. Pas nécessairement afin d’éviter de leur faire de la peine, mais, sans faire exprès que celle-ci ne soit plus grande. Voici sa demande :

« Est-ce que vous pourriez faire un billet de blogue qui décrirait votre ami(e) idéal(e), celui ou celle qui aurait la réaction que vous préféreriez avoir, celui ou celle qui aborderait le sujet de la façon qui vous conviendrait le mieux? Tsé, je le sais que chaque personne est différente, chaque histoire est différente, chaque moment est différent… Mais je constate qu’il y a un certain tabou autour des problèmes de fertilité et d’infertilité, et j’aimerais beaucoup avoir des trucs ou des idées pour aborder le sujet avec les personnes concernées.»

En plus, du 24 au 31 mai, c’est la Semaine Canadienne de Sensibilisation à l’Infertilité. Un bon moment pour vous sensibiliser par le biais de ce texte que je vais tenter de faire avec une teinte d’humour et de sarcasme afin d’éviter qu’il ne soit trop lourd.

Vous savez, nous les couples infertiles, particulièrement les femmes, nous sommes de petites bibittes bin bin émotives et fragiles qu’il faut éviter de froisser et faire pleurer… 😉 Ahhhh ! essayez pas, on le sait ce qui se dit desfois dans notre dos ! Pas nécessairement dit méchamment, mais avouez que vous vous poser la question sur comment approcher la bête sans vous y piquer…
Et nous, bien, on parle souvent dans votre dos parce que vous ne nous comprenez pas et que ça nous frustre. On est quitte dites ?!

Pour faire une idée globale, je dirais que ça dépend de la personnalité du couple infertile. Certains préfèreront ne pas en parler, tandis que pour d’autres, ils ressentent le besoin de le faire.
Pourquoi ne pas en parler ? Parce que ça fait mal. Les larmes viennent rapidement et on aime pas se sentir aussi vulnérable. Par peur d’être incompris. Par peur de jugements. Par crainte d’entendre ce qu’on ne veut pas entendre.
Le besoin d’en parler ? C’est comme pour n’importe quelle situation, certaines personnes ont besoin de parler de tout ce qui leur arrive.

Cependant, il faut éviter que quelqu’un qui a besoin de se confier s’empêche de le faire parce qu’elle craint l’incompréhension et les jugements.

Voici en quelques points mes pensées sur quoi faire, ne pas faire, quoi dire, ne pas dire… à un couple infertile.

– Arrête de te stresser avec ça, tu y penses trop.
Cette petite phrase insinue que c’est pour ça que je ne tombe pas enceinte. C’est de MA faute, voyez-vous. Elle est difficile à encaisser. Pis après ça, on se stresse à se dire qu’on ne devrait pas stresser parce que ça nous aide pas. Boucle sans fin, on s’en sort pas. Puis, quand on fait partie des femmes qui mouillent leurs bobettes (on appelle ça de la glaire fertile) et ressentent des douleurs dans leurs ovaires au moment de l’ovulation, c’est un petit peu difficile de l’ignorer. Et vient un moment donné où on connaît notre cycle par coeur, tellement que ça fait peur. Et lorsque nous sommes en plein traitement, c’est d’autant plus difficile de ne pas y penser ou de ne pas se stresser avec ça.

Soit dit en passant, j’ai du mal à comprendre d’où ça vient que ce soit la faute de la femme. On entend souvent « Elle tombe pas enceinte ». C’est le couple qui a des difficultés à concevoir.

 

– Je te comprends.
Quand on discute de tout et de rien, on a le « Je te comprends » facile. On ne comprend pas une situation à moins de l’avoir vécu ou à moins d’être extrêmement empathique.
Être disponible, attentif et sans jugement sont les mots-clés.
Vous ne savez pas quoi dire ? Ne dites rien.
Vous être mal à l’aise ? Évitez le sujet avec la personne infertile, genre, ne faites pas exprès de poser des questions à moins que celles-ci vous aident à comprendre et ainsi dissiper le malaise.
Je me dis que tout ce dit. Vous pouvez le dire que vous ne savez pas quoi dire ou que vous êtes mal à l’aise tout en démontrant votre soutien.

Dire au couple infertile que vous êtes vraiment désolé de ce qui leur arrive, leur demander de vous le dire si vous pouvez faire quoi que ce soit, si c’est votre désir bien sûr.

Parfois les infertiles, on a tendance à porter un masque. On fait comme si de rien était devant vous, mais ça se peut qu’on disparaisse dans la salle de bain du sous-sol ou qu’on parte plus tôt que prévu en prétextant un trop gros mal de tête.
Respectez nos petits moments où on ressent le besoin d’être seules.

 

– Je te comprends. On essaie depuis 4 mois, puis rien.
Non. Je sais et je comprends, je suis passée par le 4 mois d’essais avant d’en arriver à 8 ans. Je sais que chaque mois est difficile, chaque mois est une déception.
Mais… NON !

 

– Parler d’adoption
iiiiiiiiihhhh ! Ça dépend d’où en est le couple infertile dans son processus. Pour la plupart, lorsque nous sommes en début de traitement de procréation assistée, l’adoption est un non définitif. Ou bien, nous nous disons qu’on « verra ça plus tard si ça ne fonctionne pas ». Certains couples sont plus ouverts que d’autres à l’adoption, autant chez les couples fertiles qu’infertiles. Personnellement, nous, on y songe de plus en plus. Parce que les délais d’attente sont interminables. Alors, vaut mieux ouvrir notre dossier bientôt si on souhaite adopter dans quelques années. Tenez aussi compte que pour la majorité des pays, les parents doivent avoir plus de 30 ans en adoption internationale. Au Québec ? Ihhh ahh aye aye ! L’adoption n’est pas aussi évidente que vous le pensez… L’adoption pure au Québec a un délai de 8 ans avant d’avoir une proposition. Sinon, il y a l’option d’être en banque mixte. Nous devenons alors famille d’accueil pour ces enfants pour peut-être les adopter « si…, si…. et si… », sinon l’enfant retourne dans sa famille bio.. Selon moi, au Québec, si on embarque dans le processus, il ne faut pas le faire dans le but premier d’adopter.
L’adoption tout court, au Québec ou à l’international, ce n’est pas fait pour tout le monde.

« Il y a tellement d’enfants orphelins dans le monde ».
Ce n’est pas un commentaire qu’on m’a dit personnellement, mais je le lis à outrance lorsqu’il est question de la procréation assistée sur les médias sociaux et sur les sites web journalistiques.
J’ai du mal avec ce commentaire. C’est comme si on remettait sur les épaules des couples infertiles le fardeau de sauver les enfants orphelins et maltraités. Je ne comprends pas.
Des couples fertiles aussi peuvent aller adopter. Si c’est si important que ça pour vous de sauver ces enfants, pourquoi vous ne le faites pas ?
Oui, l’adoption est une option envisageable dans notre cas, mais pas avant d’avoir tout essayé. Et si nous enclenchons le processus et que par miracle, ou par un énième traitement de procréation assistée, je tombe enceinte, nous irions adopter l’enfant.

 

Les faits vécus
– « Elle est partie en voyage dans le sud pis elle est tombée enceinte ! » On ne parle pas de toutes celles qui vont dans le Sud et qui ne reviennent pas enceinte.
– « Ils ont adopté pis elle est tombée enceinte ». Même réflexion que la phrase précédente. Pis que oui, ça arrive parce que même s’ils adoptent, ils n’utiliseront pas la contraception. Ils font partie de ceux pour qui un miracle se produit après plusieurs années d’essais.

En passant, il y a des couples pour qui s’est carrément IMPOSSIBLE au naturel. Genre que l’homme n’a pas de spermatozoïdes ou bien ils ne sont pas du tout en forme et normaux. Ou bien que la femme ait les trompes bouchés.
Alors miracle il n’y aura pas pour eux…

 

– Annoncer une grossesse à un couple infertile
C’est délicat. Ce n’est pas tout le monde qui réagit de la même façon. On ne vous donnerait pas tous la même réponse à cette question. Certains préfèreraient la franchise de vive voix, d’autres préfèreraient recevoir un message question de se faire à l’idée en privé. On va finir par apprendre la grossesse un jour ou l’autre. L’apprendre à 5 mois parce que vous nous l’avez cacher pour ne pas nous blesser, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Ça va nous blesser anyway, on ne peut pas y échapper, je suis désolée.
Si vous aviez parlé ouvertement de vos essais au couple infertile, ils ne seront pas surpris d’apprendre que ça a fonctionné.

Chose certaine, éviter de le faire en plein party, en faisant une « big annonce » devant tout le monde qui va crier des « Félicitations » à tour de bras, vous enlacer, pleurer de joie, crier… Je l’ai vécu et je vous jure qu’en tant qu’infertiles, on se sent petits dans nos culottes. Il y a la belle-soeur compatissante qui nous regarde en se doutant bien de comment on peut se sentir. Il y a ceux qui vous regardent de travers tout cours en se disant « Bon…. eux ça fait pas leur affaire ». Et il y a ceux qui « oublient ». Le couple infertile ne sait plus où se mettre. La femme infertile essaie de retenir ses larmes pour éviter que vous vous disiez qu’ « elle pleure encore ».
Non, vraiment, ce n’est pas une situation idéale. Parce qu’ensuite, cela crée inévitablement un gros malaise. Éviter d’avoir à vous sentir coupable, d’avoir à vous ” excuser ” après coup.

Que faire alors ? Dépendamment de votre relation avec le couple infertile, vous allez « sentir » comment il serait préférable de les approcher. Un message Facebook, un texto, un appel au téléphone.
Si vous êtes très proches, l’annonce publique sur Facebook est un peu hasardeuse aussi. Ça ne veut pas dire que le couple infertile va le dire et vous ne savez pas quand il va le voir, donc risque qu’il l’apprenne par quelqu’un d’autre « Hey, t’as-tu vu ta soeur est enceinte ! ». Oups. En plus, si vous êtes très proches, personnellement je trouve déjà à la base qu’annoncer un événement aussi important sur Facebook, c’est un peu insultant pour n’importe qui.

Que quelqu’un d’autre leur annonce ? J’ai une cousine qui m’a annoncé la deuxième grossesse de sa soeur, ça a adonné comme ça, ce n’est pas elle qui le lui a demandé. Lorsque j’ai vu sa soeur, je suis allée directement la voir pour la féliciter même si elle avait une expression pas certaine de comment j’allais réagir. Je lui ai dit « Écoute, c’est sûr que c’est difficile… ». Elles sont les cousines avec lesquelles j’ai le meilleur contact, je n’ai jamais senti de problème avec elles.

Sachez à l’avance que le couple infertile risque d’avoir un pincement au coeur et peut-être même de la peine. Ce qui leur arrive, c’est que cela les ramène à leur propre échec, en plus de vivre un sentiment d’injustice et d’impuissance envers leur propre situation. Plus particulièrement si ce n’est pas votre premier bébé pendant leurs essais. C’est « tough » de voir un couple avoir 3 ou 4 enfants coup sur coup pendant que nous on galère pour en avoir un.
Un coup le choc de votre annonce passé, ils seront heureux pour vous. Le temps…

 

– Trouver des excuses aux autres, mais juger les infertiles
Mise en situation, on m’annonce la grossesse d’un couple ensemble depuis même pas 6 mois. Je ne peux m’empêcher de faire « oh ! déjà !? ». Et on me répond : « bin, y’é temps, ils ont 30 ans », alors qu’ils sont au courant de notre infertilité.
Alors que maintenant que j’ai atteint le fameux 30 ans, en couple depuis 11 ans, en essais depuis 8 ans, on me dit de ne pas m’en faire avec ça…. Trouvez l’erreur ?
Je suis sûre que mes ami(e)s infertiles vous trouveraient bien d’autres exemples à vous donner…

 

– Faire une blague
Il y a deux ans, entre Noël et le jour de l’an, j’ai eu une indigestion ou une gastro, enfin, bref, j’étais malade. Avant de me rendre au réveillon du jour de l’an, j’avais dit à mon père que j’avais encore un peu mal au coeur. Quand nous sommes arrivés au réveillon, j’avais des « Pis, es-tu enceinte ? ton père nous a dit que t’avais mal au coeur ! ». Ahhh… ahh ! Non, non, NON. Qu’est-ce que tu as fait là papa ? Je lui ai dit que franchement ce n’était pas une joke à faire dans notre situation.

D’autres blagues pour rire jaune ? « Ton chum sait pas comment faire, viens m’a t’en faire un bébé » ou les blagues dans ce genre.
Et on ne se trompe pas de trou. Pis on ne les avale pas. Tsé.

 

– Nous rappelez comme nous sommes chanceux…
de ne pas avoir d’enfants. On est chanceux, on peut se lever à l’heure qu’on veut. Pas d’enfant qui nous réveillent la nuit, qui foutent le bordel, qui crient, hurlent, pleurent…
À croire que nous sommes sado-masochistes de vouloir à tout prix avoir des enfants et de vivre le calvaire que vous, vous vivez.

Certains nous disent d’en profiter pendant qu’on peut encore faire « telle » ou « telle » affaire. Si nous avons décidé d’avoir un enfant, si on se bat malgré tout, malgré notre infertilité, je pense que nous savons dans quoi nous nous embarquons.
Se faire dire d’en profiter, c’est un peu comme minimaliser notre infertilité.

 

– Se plaindre des maux de la grossesse
C’est juste platte à entendre quand on est infertile parce qu’on voudrait bien nous aussi avoir mal au coeur, au ventre, au dos…
Juste… un peu de délicatesse. C’est comme manger une grosse gâterie devant un diabétique puis vantez les mérites de chacune des bouchées.
Nous le savons que vous attendez un bébé, éviter d’élaborer pendant des heures sur le sujet.


– Rendre le couple infertile inintéressant parce qu’ils n’ont pas d’enfants

Mon beau-père visite souvent sa fille parce qu’elle a des enfants, ou bien avec sa conjointe, ils visitent souvent les enfants de celle-ci parce qu’ils ont des enfants. Mon chum a déjà confronté son père sur le sujet et il a timidement avoué que c’est parce qu’ils ont des enfants, que c’est plus intéressant.
Je suis certaine que ma belle-soeur nous visiterait ou nous inviterait bien plus souvent si nous avions des enfants du même âge que les siens. Ce n’est pas de leur faute et ce n’est pas de la nôtre. C’est dommage, c’est tout.
Nos nièces vieillissent rapidement et nous le voyons bien que nos enfants à nous n’auront pas le même âge qu’elles et qu’ils n’auront pas les mêmes jeux. C’est déjà difficile comme ça.
On se dit qu’elles auront alors un autre rôle auprès de nos enfants.

 

– Les bons coups
Mais non. Vous n’êtes pas tous des méchants qui disent des conneries. Vous faites des bons coups également. 😉
– La conjointe de mon beau-père qui m’a acheté et donné un toutou pour me réconforter.
– Mon amie S. qui m’a envoyé un message privé à la fête des mères, une belle pensée.
– Ma tante septuagénaire au réveillon qui me sert fort dans ses bras et me dit « toi, je sais que ça fait longtemps que tu attends »… Juste ça. Elle n’a rien dit d’autre.
– Le fameux party d’annonce de grossesse dont je vous ai parlé, c’était après une course organisée et la fille, elle me croyait sous la douche quand elle a fait son annonce (alors qu’on était juste dans la pièce à côté).

 

J’ai dit à mon entourage que ça ne me dérangeait pas qu’on me parle de nos traitements, que si je n’avais pas envie d’en parler, j’allais le dire et qu’il n’y aurait aucun problème.
Faut dire qu’avec notre entourage, on a tout essayé. Du « on ne dit rien pantoute », à « on leur dit tout live pendant le déroulement de la FIV ». J’ai même montré tous nos documents. La transparence totale.
On n’a pas encore trouvé la solution miracle.
En ce moment, on répond aux questions, mais on n’aborde pas le sujet.
Et on a encore du mal à ressentir un soutien inébranlable.

Une amie en peine d’amour en pleine St-Valentin a réalisé comment moi je pouvais me sentir à la fête des mères. C’est une bonne façon de faire comprendre les émotions que l’on vit à quelqu’un pour qui s’est trop abstrait.
Pas juste pendant la St-Valentin, quelqu’un en peine d’amour n’aime pas entendre parler de couples qui vont bien, de projets de couples et tout ça. On se sent ainsi lorsqu’on nous parle de grossesse et de nouveaux-nés.

N’oubliez pas que parfois, on ne se comprend pas nous-mêmes dans toutes nos émotions. Il s’en passe des choses avec nous. Des montagnes russes d’émotions. On passe de l’espoir au négatif en peu de temps.
Oh ! L’état infertile-au-bord-de-la-dépression-qui-va-péter-sa-coche n’est pas ouvert 24h sur 24, 7 jours sur 7. Il y a des journées plus difficiles que d’autres. On ne passe pas notre temps à s’apitoyer sur notre sort, sinon on se ferait interner et ça ne serait pas long ! Nous, avec nos 8 années d’essais derrière nous, je nous trouve quand même pas pire de tenir le coup. Faut juste pas j’y pense trop souvent, trop longtemps. Ça donne le vertige de penser que 8 années se sont envolées. Vraiment, ça donne un énorme vertige et un maudit sentiment de vide immense. Il faut vraiment que j’évite de trop y penser parce que c’est pas long que les émotions me pognent pis comme tout le monde, je n’aime pas ça feeler tout croche.

S’il était vraiment possible d’aller jeter un coup d’oeil dans l’avenir et que vous me disiez que c’est la réalité, que je n’aurai jamais d’enfant biologique, ce serait un coup dur, mais au moins, je saurais. Et si vous me disiez que oui, je vais tomber enceinte, mais seulement dans 2 ans, je me dirais qu’au moins je sais que ça va vraiment arriver.
Mais ça ne fonctionne pas ainsi. On ne sait pas ce qui va arriver, on ne sait pas si ça va finir par fonctionner…

 

P.S. : Je me relis et réalise que j’ai un peu abuser du verbe « éviter ». Promis, je vais essayer d’éviter ça la prochaine fois…

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Marine

Marine

4 Comments

  1. 30/05/2014 at 01:41 — Reply

    Merci beaucoup pour cette réponse! Je n’en attendais pas tant! Et avec humour, en plus, c’est génial!

    Quand tu dis : “Soit dit en passant, j’ai du mal à comprendre d’où ça vient que ce soit la faute de la femme. On entend souvent “Elle tombe pas enceinte”. C’est le couple qui a des difficultés à concevoir.”, j’ai peut-être un début de réponse pour toi. Je ne sais pas si ça va vraiment changer grand-chose pour toi ou si même tu te poses vraiment la question… Si je dis quelque chose de déplacé ou d’inapproprié, je compte sur toi pour me le dire!

    J’ai lu dernièrement un livre qui s’appelle “Partir pour la famille – Fécondité, grossesse et accouchement au Québec – 1900-1950”, et il y avait un chapitre sur la stérilité dans les années 1950. Voici ce que j’ai lu à ce sujet :
    “Il faut dire qu’on les considérait [les femmes] souvent comme les principales responsables de la fertilité ou de l’infertilité du couple. Car, même si on reconnaissait l’apport des deux sexes dans la procréation, lorsqu’un couple ne parvenait pas à avoir d’enfants, il semble bien qu’on avait très souvent tendance à en attribuer la responsabilité à la femme. Comme si elle en était la seule coupable!
    […]
    Peu importe la société et la période étudiées, […] lorsqu’un couple s’avère infécond, l’homme et la femme sont rarement considérés également responsables. Depuis des siècles, et ce, dans de nombreuses sociétés, on attribue en effet la plupart du temps la responsabilité de l’infécondité du couple à la femme seulement. Dans un grand nombre de cultures à travers le monde, les hommes peuvent d’ailleurs invoquer la stérilité de leur femme pour demander et obtenir la séparation tandis que l’inverse n’est jamais envisagé (Fisher, 1994 : 371). Pourtant, la plupart des sociétés humaines attribuent un rôle prédominant à l’homme ou admettent des apports partagés des deux sexes dans la procréation. Il est donc assez paradoxal que ce soit habituellement les femmes qui soient considérées responsables de la stérilité du couple (Héritier, 1996 : 96, 107). La société occidentale n’échappe pas à cette règle. Jusqu’à la découverte de la fusion du sperme et de l’ovule, en 1854, la plupart des traités médicaux soutenaient en effet que l’homme émettait une semence active lors de l’acte sexuel, la femme n’étant que le réceptacle passif qui permettait à cette semence de se transformer en être humain. Ce qui signifie que, lorsqu’une union s’avérait inféconde, c’était la femme qu’on blâmait et traitait avec dureté, parce qu’elle n’avait pas su fournir, croyait-on, les conditions nécessaires pour que la semence émise par l’homme se développe normalement. En revanche, tant et aussi longtemps qu’un homme n’était pas impuissant, on le tenait pour capable de transmettre la vie (Berriot-Salvadore, 1993 : 113-117; Gélis, 1984 : 38-39; Mitchinson, 1991 : 154-156).”

    • 30/05/2014 at 12:07 — Reply

      Mais oui évidemment… on n’a qu’à regarder des séries télévisées qui parlent des années 1900-1950 et on voit tout de suite comment était les mentalités.
      Ces temps-ci, la série « Au nom du père et du fils » repasse sur Prise 2. Le curé là… ouh laaaa, il y a des grands bouts où je lui ferais très très mal ! haha
      « La femme est faite pour ça faire des bébés, c’est ça que Dieu veut » ou quelque chose du genre.

  2. C.
    02/06/2014 at 12:09 — Reply

    Un seul mot: Merci! Je me/nous reconnais dans chacune des rubriques. Cela fait un bien énorme de constater que je ne suis pas la seule à vivre les même étapes/émotions/situations et que c’est normale! 🙂 . Nous cela fait 8 ans aussi. Je vais envoyer le texte à mes amies, qui essaient de me comprendre ;). Merci du fond du coeur!

  3. FG
    28/09/2016 at 03:04 — Reply

    Juste
    MERCI

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