Les partys, les réunions de famille. Ah ! que c’est dont le fun… Hum ! Pas tout le temps lorsque l’on fait partie d’un couple infertile.
Et avec ce temps des fêtes qui s’en vient, les réunions se multiplient. Les risques que ça tourne mal aussi.
Parce que c’est « le temps des réjouissances ». Parce qu’on nous demande « c’est pour quand le bébé ? ». Parce que certains sont pâmés devant les bébés ou la « bedaine » bien ronde de la cousine… Parce qu’à minuit au réveillon du jour de l’an, dans la foulée de la tournée des bisous et des souhaits, on nous souhaite encore « un bébé dans l’année ».

Oui. J’adore les réunions familiales. Plus particulièrement quand il y a beaucoup de monde. Encore plus particulièrement quand mes neveux et nièces sont de la partie ! Et bien souvent, ça se passe super bien. Bon, j’ai parfois un « motton » ou deux à faire passer lorsque quelqu’un parle de bébé ou de grossesse. Ça fait partie de la « game » je dirais, mais généralement, ça va. Je dis cette phrase-là pour ne pas que vous pensiez que je suis en dépresse totale à chaque party. Ce n’est pas le cas. Oui, c’est plus difficile pour moi, pour nous. On m’a déjà dit que « ça ne devrait pas être comme ça ». Ben écoute… ce sont mes émotions, elles m’envahissent. Nos essais pour un premier enfant s’allongent à plus de 7 ans et on essaie encore de me dire comment je devrais me sentir !

Il y a le party durant lequel se produit une annonce de grossesse. Si vous l’expérimentez ou que vous l’avez déjà expérimenté… C’est « weird », très « weird ». Il y a ceux qui sont en pâmoison devant la future nouvelle maman et le futur nouveau papa. Et il y a ceux qui vous jettent un regard de travers, qui savent bien comment vous devez vous sentir et, du coup, ne savent plus eux-mêmes comment réagir ou agir. Malaises.
La fois où ça nous est arrivé, il m’arrive de l’avoir encore à travers la gorge. Cette journée-là a TELLEMENT viré tout croche. Réellement, je ne savais plus où me « garrocher » tellement ça devenait absurde et tellement je me sentais incomprise. Parce que nous n’étions pas collés sur le groupe lorsque l’annonce s’est faite, sauf que nous avons tout vu et entendu. Et quand mon amoureux est allé les rejoindre, quelqu’un lui a dit : “Hey !! t’as manqué la bonne nouvelle !!!”. Je vous entends déjà devant votre écran vous dire “What the f*ck ?“… Ben oui. Aussi absurde que ça. Cette situation a été très dure à avaler et ça nous arrive encore d’en parler. Bien sûr, on s’est fait dire qu’« on devrait se réjouir pour les autres ». C’était pas tout à fait l’annonce comme telle le problème. On les a laissé vivre ça entre eux, on a fermé la porte de la pièce où nous étions ! C’est le fait que mon chum les rejoint et ce qu’on lui a dit.
On s’est fait dire « On a oublié… ».
Je ne savais plus quoi faire. Je ne voulais plus parler à personne, mais bordel, pourquoi tout le monde voulait me parler ? Mais pas de ça là ! Non non, de la pluie et du beau temps. J’ai à peine avaler ma pointe de pizza. Après je sors dans la cour et je tombe sur le papa-du-troisième-enfant-en-route-en-trois-ans en grande discussion avec une fille. Il lui dit qu’il songe à la vasectomie, mais que sa blonde en veut un quatrième, que lui, il n’est pas sûr. Mais c’était de ressentir sa fierté de mettre facilement sa blonde enceinte. Je l’ai entendu dire à quel point c’était facile… Comme je le connais plus ou moins, je me suis juste encore plus éloignée.

Environ 10 mois plus tard. Mêmes personnes invitées.  Nouvelle réunion de famille et des amis aussi. C’est la fête de mon beau-frère. Petit bébé tout neuf est là et tout le monde tripe dessus « bin raide ». Ma belle-soeur et mon beau-frère ont 4 enfants. Et il y a eu plein de « tes ovaires doivent te travailler » et « un p’tit 5e mon homme ? Ça te va si bien un p’tit gars ! ». J’ai avoué à ma belle-soeur que je trouvais ça tough. La maman est aussi venue me voir pour m’offrir de prendre le bébé. Je lui ai dit que non… non… à chaque fois que quelqu’un l’a dans les bras, quelqu’un passe un commentaire. Je n’ai pas envie qu’on me dise quoi que ce soit… Les larmes m’ont monté aux yeux.

Tous ces party qui virent que mes émotions ne demandent qu’une chose : SORTIR AU PLUS SACRANT… ils ont tous un point commun. Je finis toujours au même endroit : dans la salle de bain du sous-sol, la lumière éteinte, le ventilateur allumé. Je ne veux plus rien voir, je ne veux plus rien entendre (bin, à part le ventilateur). Foutez-moi la paix.
Le pire dans tout ça, c’est que j’arrive à le dissimuler de mieux en mieux. J’ai comme pas tellement envie de « péter ma coche » en plein party ou de me « donner en spectacle ». Anyway, pour ce que ça donne, pour que ce qu’on se fait dire… Aussi bien me cacher.
Seule avec moi-même, je me laisse aller à des pensées moins gentilles…  Ça passe de « Bande de cons ! » à « Bin oui toi, tu me niaises de vouloir me prêter ton bébé ». Tsé, évacuez… On en dit (ou pense) tous des choses quand on est en colère.
Personne ne remarqua mes yeux rougis ou tout le monde a fait semblant de ne pas le remarquer.

« Hé ! on te cherchait pour prendre une photo ! »
Vous n’avez pas assez bien cherché…

P.S. : Quand il n’y a pas de deuxième salle de bain, je me trouve une chambre en dernier recours. Souvent la plus éloignée. Ouais. Quand même. Je ne priverai pas tout le monde d’un besoin vital.
Ça m’est arrivé. Quand mon autre belle-soeur a dit une connerie. C’était pas réfléchi du tout son affaire… J’ai retenu mon « motton » pendant un « boutte », mais je suis finalement allée me retirer dans une chambre. Personne n’est venu me voir sauf mon chum. Et après j’ai entendu ma belle-soeur dire (ouin, je n’étais pas assez loin ça l’air, c’est vraiment mieux la salle de bain du sous-sol !) : « Il va arriver quoi si je tombe enceinte avant elle ? ». Outch.


Le temps des fêtes
Les réunions du temps des fêtes, ce sont les réunions les plus difficiles pour les couples infertiles. Noël sans enfant alors qu’on en souhaite vivement. Puis, plus le nombre de Noël sans bedaine ou bébé s’additionne, plus c’est difficile. Malheureusement, l’entourage ne réalise pas vraiment toutes les émotions qui peuvent nous envahir pendant le temps des fêtes. D’autant plus qu’à son arrivée, déjà parfois quelques semaines avant, nous savons déjà que, encore, nous n’aurons pas de bonne nouvelle (miracle) à partager à nos proches.

Le temps des fêtes semble commencer plus tôt chaque année. À la radio, c’est à qui commencera le plus tôt les chansons de Noël… À la télévision, il y a une tonne d’émissions spéciales sur le thème.
On commence à intégrer le temps des fêtes à nos conversations du bureau, on planifie le party.
On s’obstine avec la famille pour décider des meilleures dates pour avoir tout le monde.
On passe un mois à être en mode « temps des fêtes ». Eurrrrk !

Moi aussi j’aimerais ça faire le truc « Attrape ton lutin » de BMR… Je vois la magie dans les yeux de mes nièces qui y croient tellement !
Ce sont ces petites choses de Noël que nous n’avons toujours pas la chance de vivre avec nos propres enfants…
Je perds la magie de Noël. Les décorations ne me disent plus rien…

J’ai cessé d’aller aux grosses réunions dans ma famille. J’ai une tonne de cousins et de cousines qui ont des bébés (ou que ça va venir). Je vais dans une seule, celle où vont mes cousines dont je suis le plus proche. Je ne suis pas « à l’abri » pour autant, mais cette soirée (le réveillon du nouvel an), c’est une tradition que je ne suis pas capable d’arrêter. Ça a toujours été ma fête préférée.
Même si lorsque sonne minuit, les voeux de nouvelle année, les souhaits de santé, bonheur et… bébé.
J’ai une tante, l’aînée de la famille (77 ans), qui m’a serré dans ses bras et m’a dit «Toi, ah toi, ça fait assez longtemps que tu attends… » [insérer un coeur]

Mise-à-jour 16 décembre 2013 :
J’ai longuement étiré la venue du moment de faire mes décorations de Noël car l’envie n’y était pas. Qui va le voir le sapin ? On ne reçoit pas. Non, je n’ai pas la magie de Noël en moi… Ça m’a honnêtement tout pris pour aider à la décoration à mon travail et c’était pour faire plaisir aux autres.
On m’a dit : « HEN ?!!! T’as pas fait de décos de Noël ?!! »
NONNN ! J’ai pas le goût ! Je feele «grinch», mais ne vous en faites pas, je gâcherai pas  VOTRE Noël.
Voyez-vous, c’est le 8e Noël de nos essais pour un premier enfant…


Voici un article publié sur la site web de l’Association Canadienne de Sensibilisation à l’Infertilité « Passez à travers la période des fêtes ».

Passer à travers la période des Fêtes, où les activités font souvent référence aux enfants et à la famille, peut s’avérer pénible pour les couples et les individus qui luttent avec des problèmes de fertilité. Cette période se veut la célébration de la naissance (de Jésus et de la nouvelle année), des miracles et des valeurs familiales. Ainsi donc, pour les patients qui sont aux prises avec l’infertilité et qui espèrent une naissance qui n’arrive pas, qui souhaitent leur petit miracle pour enfin devenir une famille, ce temps de l’année peut prendre des allures d’épreuves additionnelles. On est bombardé d’images d’enfants radieux et de parents heureux. Tout pour rappeler aux couples aux prises avec l’infertilité, ce qu’ils désirent plus que tout et ce qui leur manque le plus. En conséquence, plutôt que de vivre des sentiments de réjouissance et d’apprécier l’esprit de famille qui est dans l’air, les individus doivent souvent traverser une période de déprime et une impression d’exclusion par rapport à l’entourage, ce qui ne fait qu’ajouter la culpabilité au chagrin déjà grugeant. Voici donc une liste de suggestions pour vous aider à passer à travers cette période de l’année.
Article complet : http://www.iaac.ca/fr/318-139-passer-a-travers-la-periode-des-fetes

Marine

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