TEC #1 : transfert d’embryon congelés

Après le résultat négatif du transfert frais, nous avons dû attendre deux règles, soit celles suite à la fiv et ensuite une menstruation naturelle, avant de se lancer dans un transfert d’embryon congelé, communément appelé un TEC.

Pour le transfert d’embryon congelé, je n’ai pas eu besoin d’aller à la clinique revoir un médecin, je devais simplement rappeler à mon jour 1 de ces deuxièmes règles post fécondation in vitro. Ce que j’ai fait. Ensuite, au jour 21, je devais commencer à prendre le Suprefact nasal afin de rendre mon corps en “ménopause” pour ne pas ovuler le cycle suivant.

À mes règles sous Suprefact, je devais rappeler à la clinique de fertilité pour me faire schéduler une échographie de l’endomètre au jour 14 de mon cycle. Cette même journée, je commençais à prendre l’estrace et le vibramycin.

Au jour 14, l’échographie endovaginale est concluante. Mon endomètre mesure 12 mm. Il devait mesurer au moins 7 mm pour donner un « go » au transfert d’embryon. Suite à l’échographie, nous rencontrons une infirmière qui nous fait signer les papiers de consentements pour la décongélation. À ce moment, nous apprenons que nos deux blastos jour 6 étaient congelés ensemble et que si les deux survivent à la décongélation, on me les transfèrerait tous les deux. On me demande de commencer à prendre le Prometrium et on me dit que l’embryologiste va nous appeler le mardi suivant, soit la journée programmée pour le transfert.

Pour être honnête, je n’ai pas pu m’empêcher de me faire des scénarios. Que ce serait merveilleux que les deux survivent à la décongélation, qu’on me les transfert tous les deux, que les deux s’accrochent et que le résultat soit deux beaux bébés… Qui n’aurait pas rêvé d’un tel scénario ? Au final, je me disais que je souhaitais du plus profond de mon coeur qu’au moins un des deux survivent. Je voulais juste avoir un transfert et donc avoir une chance de tomber enceinte.

Ce mardi matin très tôt, nous recevons l’appel tant attendu… Les embryons ont été dégelés la veille. Malheureusement, les deux embryons dégénèrent. Le transfert est annulé…

Conséquences de tout ça ? Notre FIV #1 est terminé et s’est soldé avec un seul transfert (négatif). Il nous reste 2 FIV.

Cela m’a pris plusieurs semaines avant de venir ajouter cette étape sur mon site web. Pourquoi ? Parce que je ne l’accepte pas vraiment encore. J’ai beaucoup de difficulté à en parler… Je suis frustrée de tout ça. Écoeurée même. Je me promène à travers diverses émotions.

Je songe changer de clinique, ou en tout cas, au moins demandé un autre avis. Voir les solutions qu’on me propose. Voir les différences (et les similitudes aussi) ailleurs pour ensuite faire un choix.

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Voici un texte que j’avais écrit sur le sujet sur un blog…

Mon endomètre de 12 mm et moi, on vous emmerde !

Quoi ? Han ? Quel est ce titre ?
Pour quelqu’un qui n’est pas familier avec les termes utilisés en infertilité, mon titre doit intrigué !
Ne nous inquiétez pas, vous allez finir par comprendre.

D’un côté, il y a nous, le couple qui ne réussit jamais rien du premier coup. De l’autre côté, il y a la clinique de fertilité.
Round 1. FIV (fécondation in vitro) 1. Stimulation ovarienne pendant une dizaine de jours, prise de sang et échographies pour savoir si mon corps répond bien à la stimulation. On compte 15 follicules. Prélèvement d’ovules (ponction). Une dizaine d’ovules, seulement 5 de matures et de qualité. Pas de fécondation. 0 embryon. Même avec l’ICSI (micro-injection d’un spermatozoïde dans chaque ovule).

Round 2. FIV1 prise 2. Stimulation ovarienne pendant 10 jours. Échographies aux 2-3 jours. 12 follicules, mais 2 sont trop petits. Ponction. 10 ovules récoltés. 9 matures fécondés par ICSI. 3 jours après la ponction, 6 embryons. On les rend au stade blasto (jour 5). À jour 5, on a un blasto de prêt, donc transfert. À jour 6, on m’appelle pour me dire qu’on m’en congèle 2 autres. Prise de sang négative, embryon jour 5 ne s’est pas accroché.

Round 3. TEC (transfert d’embryon congelé) 1. Je prends des hormones. On me fait une échographie endovaginale après 14 jours, mon endomètre est à 12 mm. Parfait ! Même que, très très bien ! On m’annonce qu’ils vont décongeler les deux blastos jour 6. Ils sont congelés ensemble, on les décongèlent ensemble, that’s it. Si les deux survivent, transfert double.

Hon… on s’est tellement imaginé le scénario de rêve… le transfert double… peut-être des jumeaux… ça aurait réglé notre cas pour plusieurs années… Même si je rêvassais, je me disais que simple ou double, je voulais juste avoir droit à un transfert.

Appel fatidique le matin supposé du transfert : AUCUN des deux embryons ne va bien, ils dégénèrent. Pas de transfert.

Baon… c’était le topo, le résumé pour ceux et celles qui ne me connaissent pas.
Maintenant, je laisse parler mes émotions. Attention, elles sont à vif…

L’embryologiste était vraiment super gentille. Avant de me quitter, elle m’a dit « Ça va aller ?». J’ai dit la vérité « Euh, non ! ». (Je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas éclater pendant les 2 minutes que j’étais au téléphone)
Aussitôt le téléphone raccroché, je me mets à gueuler que je ne suis PU capable et que j’en ai marre marre marre. Puis, je me mets à brailler. C’est de même que ça se passe lorsque des infertiles comme nous apprennent ce genre de nouvelles. Ce n’est pas de l’overract. C’est un mélange d’émotions jumelé aux foutus hormones que j’ai prises (pour rien en plus).

Mon niveau de colère et de frustration était aussi élevé que mon niveau de peine. Je vous laisse imaginer le brouahah d’émotions qui se passaient en moi. Une seconde je pleure, l’autre j’ai envie de tout détruire.

Vous savez, les étapes du deuil.
Le choc. Le déni. La colère. La tristesse. La résignation. La reconstruction.
Bin, c’est pas juste quand quelqu’un décède qu’on les vit.

Le choc quand l’embryologiste te dit que malheureusement il n’y aura pas de transfert. On ne s’attendait pas à ça. Tout était prêt. Mon endomètre de 12 mm était prêt (ça prend en haut de 7 mm si ma mémoire est bonne). On était prêt à monter dans la voiture direction la clinique (à 1h30 d’ici !)…

Le déni, de se dire que non c’est pas possible, ils doivent se tromper. Mais aussi le déni, je le vis encore un peu maintenant parce que mise à part sur les réseaux sociaux et les forums, je n’ai pas beaucoup parlé de ça. Ça rendrait trop officiel le drame. J’sais pas. Je me suis comme créée une barrière en m’occupant de plein d’autres affaires en même temps. Toutes pour ne pas penser.
Pis mon père doit se demander pourquoi je le rappelle pas. Je suis pas capable d’en parler… de lui en parler…

FRUE. Mais frue après qui ? Ahhh… la Terre entière, Dame Nature, nous-même, la clinique, l’embryologiste, le machin-truc qui contenait nos embryons… on devient en “esti” après tout. La recherche d’un ou plusieurs coupables.
En écrivant sur un forum cette journée-là, j’ai dit que je leur en voulais d’avoir « tué mes embryons ». Je le sais. C’était complètement irrationnel ! Mais c’est frustrant. La première FIV, rien n’avait fécondé. La deuxième, ça avait mieux été avec nos 3 blastos au final. Mais bon Dieu tout ce qu’il a fallu faire pour arriver à les créer ces 3 embryons ! C’est difficile de se dire qu’ils sont disparus à tout jamais…
Puis, en discutant sur des forums, j’ai eu des réponses qui m’ont « shakée » pas à peu près. Et tout ça n’a pas aidé à diminuer mon seuil de frustration. Parce que beaucoup de filles n’aiment tout simplement pas ma clinique de fertilité et que… quand on regroupe des cas provenant de cette clinique, on se rend compte qu’ils ne font vraiment pas beaucoup de transferts. Oh, le taux de grossesse est quand même bien élevée.. Mais disons qu’ils se donnent des chances en ne transférant que des blastos, donc moins de transferts au total. On ne calcule pas les embryons perdus dans les statistiques. Je serais bien curieuse de lire ça moi…

Quand le shift tristesse dit « moi, j’embarque », on attache notre tuque… Parce que dès que les larmes coulent, elles sont difficiles à arrêter.

La résignation. C’est parce que, t’as pas vraiment le choix d’arriver un moment donné à cette étape-là, à moins d’être dans un déni complet. On se résigne pas parce qu’on souhaite se résigner, mais parce que y’a pas vraiment d’autres issus. ON NE PEUT JUSTE RIEN Y FAIRE.
La FIV numéro 1, celle qu’il a fallu EN PLUS refaire 2 fois, n’aura donné qu’un seul #!&?&!*?#@ de transfert. Mais on ne peut rien y faire, c’est comme ça.

Oui, la résignation est atteinte. Mais pour l’acceptation, ça, c’est une autre paire de manche.

Se reconstruire. J’ai beaucoup de mal à me dire « Go ! on va faire une autre fiv au plus sacrant ! ». Non. On a une fiv de perdue. Ça me fait peur d’en refaire une autre qui arrive aux mêmes résultats pis qu’ensuite il n’en reste qu’une seule et se retrouver comme si on était sur le bord d’un précipice. Dommage que ce soit aussi dispendieux quand le gouvernement n’en paie pas une partie (ah, non, il ne paie pas pour tout en ce moment si jamais je vous l’apprends…). J’ai pas tellement le goût non plus de recommencer les injections de stimulation ovarienne, de repasser par le prélèvement d’ovules et par tout le stress de l’attente de l’appel de l’embryologiste.
Bon… avant d’en arriver là, il y a l’attente des rendez-vous, alors ma première étape de reconstruction a été de prendre des rendez-vous.
Ensuite, on verra…

Marine

Marine

4 Comments

  1. Anne
    18/04/2015 at 14:43 — Reply

    Tu décris tellement comment je me sens … Avec la vie caché de la fertilité, l’injustice sociale. Merci je me sent comprise .

  2. 220312shanghai
    04/08/2016 at 12:17 — Reply

    Je te comprends tout à fait! Pour moi deux FIV deux grossesses biochimiques! À chaque fois on est decendus du paradis à l’enfer! Il me reste deux embryons congelés de bonne qualité, mais j’ose me plus aller faire le transfert…

  3. Geneviève
    10/09/2016 at 06:44 — Reply

    Merci!

  4. Marjorie
    06/01/2017 at 07:56 — Reply

    Tu décris très bien ce que l’on ressent toutes malheureusement. ..
    Pou ma part Fiv 1 postive mais non évolutive il a fallut arrêter la grossesse. .. du paradis à l’enfer ! comme tu le dis si bien …

    Heureusement beaucoup d’entre nous vivent finalement ce bonheur alors accrochons nous :)!

    Bon courage à toutes et je vous envoie pleins d’ondes positives pour cette nouvelle année !

    MARJORIE

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