Dans les 5 dernières années, j’en ai entendu des commentaires blessants. On m’a dit un nombre incalculable de fois que “j’y pensais trop”, que “J’étais pas due”, que mon mari et moi n’étions “pas compatible”, que “la vie essaie de me dire quelque chose”. Et le mois dernier, pour conclure mon ultime essai en procréation assistée, j’ai fait une hyperstimulation ovarienne. J’ai été malade comme jamais. Avoir été malade comme ça après mon 2e essai (admettons), je ne suis pas certaine que j’aurais recommencé. C’est une conséquence de l’acharnement? Un message de l’univers? Je ne sais pas. Et comment je me sens maintenant?
Je vais mieux.
C’est drôle, dit de même. Comme si je n’allais pas encore bien, juste mieux. Mieux que quoi? “Mieux”, mais pas “bien”. Donc “moins pire”?
Moins pire qu’une FIV qui se serait soldée par un échec. J’ai 3 beaux embryons de congelés, de qualité 3BB. (En clair, selon les mots du médecin, c’est une bonne qualité).  Et j’attends. J’attends d’être encore un peu plus “mieux”. Parce que j’ai été très malade. J’ai eu peur de devoir aller à l’hôpital. J’ai eu peur de l’échec. Peur que ça se termine comme ça. Que le seul souvenir que je conserve de ce dernier essai soit les nausées, les vomissements et la douleur.
Mais bon, je me dis qu’après avoir joué avec le feu 4 fois en 5 ans, fallait bien que je me brûle un peu. C’est vrai, j’avais tous les critères “à risque” de l’hyperstimulation. Je suis jeune, je réponds très bien au traitement, je n’ai pas de surpoids et j’ai les ovaires polykystiques. C’était presque écrit dans le ciel 😉
Ça a officiellement commencé 36 heures après ma ponction record de 30 ovules. Mais avec le recul, je réalise que je savais ce qui s’en venait. 3-4 jours avant la ponction, j’ai commencé à avoir des nausées et des douleurs à l’abdomen. Mes seins étaient lourds et durs comme de la roche. Les veines sur ma poitrine étaient soudainement très apparentes. C’était déjà en train de se passer.
Toujours est-il que ça s’est manifesté “pour de vrai” le dimanche matin. Je ne me sentais pas bien, étourdie, je voyais embrouillée. J’avais du mal à me tenir debout, mon ventre était très enflé. J’avais pris 5 livres. J’ai du conduire cet après-midi là pour aller rencontrer une collègue. On s’est rencontré dans un Tim Horton à 30 minutes de chez moi. Je ne sais pas comment j’ai fait pour y aller et revenir sans avoir d’accident. Je ne voyais pas clair, chaque nid de poule me faisait atrocement souffrir et l’odeur du café me donnait tellement la nausée que j’ai commandé un thé vert et je ne l’ai même pas terminé. Et ce n’est qu’une fois rendue sur place que j’ai réalisé que je portais des pantalons de yoga noir et un chandail de laine à mon chum. Très chic!
Ce soir-là,  j’ai téléphoné pour annuler mes engagements du lendemain. Je n’ai pas soupé. Mon mari est rentré tard et m’a apporté un peu de compote de pommes. Juste pour me mettre quelque chose dans l’estomac. J’ai à peine pris une bouchée que j’ai été malade.
Le lundi, j’avais encore pris du poids et je me sentais encore plus mal. J’avais de la difficulté à respirer, à me tenir debout, je toussais creux. J’ai passé la journée dans mon lit à boire du thé, à dormir et à regarder des séries télé. Je pense que le pire, c’était les difficultés respiratoires. Incapable de m’allonger sans risquer de manquer d’air. Dormir assise, c’est pas fameux.
Le mardi était pire. Vomissements, douleurs à l’abdomen, vision embrouillée et étourdissements. Mercredi pareil.
Le jeudi, j’ai senti une petite amélioration. J’ai mangé une soupe Lipton (dans une tasse!! Comme quand j’étais petite!!) que j’ai eue le loisir de conserver grâce au gravol ingéré juste avant le repas et je me sentais assez bien le soir pour accepter l’invitation à souper de mes parents. Je n’ai quasiment rien manger et j’ai passé la soirée à tenter de trouver une position confortable. Mon ventre était toujours très dur et j’avais parfois l’impression que mon nombril allait sortir. Je ne ressentais ni la faim ni le froid (WEIRD!). Le vendredi, je me suis réveillée en sursaut avec l’impression que mon ventre venait de dégonfler tout d’un coup. Je vais à la salle de bain pour me peser. J’avais perdu 1lbs et 2 pouces de tour de taille. Joie! Bonheur!
J’ai passée la journée seule à la maison, j’ai passé la balayeuse, sortie dehors à -30 pour pelleter mon balcon (J’ai abusé, je sais, mais j’ai mentionné que je ne ressentais pas le froid, non?) et préparé à souper. Je n’en ai pas mangé (je ne me sentais plus assez bien après tout ça!), mais l’odeur de la nourriture ne me levait plus le coeur et j’avais assez de force pour tenir le WOK d’une main. 😉
Le samedi, je me suis sentie “guérie”. Mon ventre était toujours gonflé, mais je perdais environ 0,5 lbs par jour et j’arrivais à m’alimenter normalement. Première fois depuis une semaine que j’entrais dans mes jeans. J’ai repris mon horaire normal le lundi. J’ai eu mes règles le mercredi c’est ce qui a vraiment mis fin à ce cauchemar.
Au final, ça m’aura prit 2 semaines à dégonfler (mon tour de taille frôlait les 35 pouces, alors qu’il fait MAX 28 pouces en temps normal) et j’ai perdu du poids par rapport à mon poids initial (Je pesais 127,5 lbs après mes règles, versus 141,5 lbs pendant l’hyperstimulation et 133lbs en temps normal). Mes seins ne sont plus durs comme du béton (dommage!) et même si j’ai encore de temps en temps un petit pincement au niveau des ovaires, j’ai vu mon médecin la semaine passée et tout semble normal. Il m’a dit que je saurai que c’est vraiment fini quand je retrouverai des cycles normaux (comprendre ici des règles régulières comme avant). Donc si j’ai mes règles autour du 7 mars, je suis sauvée 😉
On a prévu mon transfert pour le mois d’avril. En cycle naturel encore. Moins invasif. J’ai besoin de me trouver une façon de relaxer dans ce processus. On est toujours à la course.  Et ça m’a épuisée. Je pars pour un 3 jours à New York à la fin de la semaine. C’est pour le travail, mais en même temps, ça va me changer les idées.
Peut-être que je m’acharne et que la vie a tenté de m’envoyer un message. Ça se peut. Mais voici ma réponse :
Je n’arrêterai pas avant d’être rendue à la fin.
Vivement le mois d’Avril!!

Solly

Solly

Femme de 26 ans, habitant Lanaudière. Diplomée en littérature, écrivaine publiée, travaillant dans un domaine tout à fait différent. La preuve que la vie nous amène ailleurs... En essai bébé depuis 2010. Le ventre vide et la tête pleine.

1 Comment

  1. Sadiem
    23/02/2015 at 13:25 — Reply

    J’en ai entendu parler souvent, mais je ne savais pas ce que ça faisait, l’hyperstimulation! Ça semble pas drôle pentoute!

    Contente que ça ailleur “mieux”, en espérant que ça donne le résultat escompté!

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