Retour en arrière | Extrait de mon journal de fertilité

4 juin 2011

Pendant que le mois de mai tirait à sa fin, que l’été se décidait enfin à se montrer, nous débutions notre deuxième FIV, une FIV en cycle naturel. La première FIV régulière ayant été un échec de stimulation et ayant été annulée, puis transformée en 4ème insémination artificielle, c’est avec beaucoup de réserves que nous avons amorcé le traitement, et ce, une journée à la fois. Nous avons derrière nous déjà plus de trois années de tentatives et de déceptions. À chaque étape de ce nouveau protocole, nous avons retenu notre souffle, espérant seulement faire encore un pas de plus, franchissant les épreuves à un rythme accéléré. Finalement , contre toute attente, tout s’est parfaitement déroulé! À peine trois petits jours d’injections, puis la ponction que je redoutais tant et qui s’est avéré vraiment pas si terrible finalement, où nous avons pu récolter un bel ovule. Nous avons ensuite dû attendre l’appel de l’embryologiste et avons crains que la fécondation n’ai pas eu lieu, mais non, tout s’est parfaitement passé encore ici. Puis, finalement hier nous avons eu le transfert.

Nous avons pu voir sur l’écran notre bel embryon de quatre cellules, développé normalement. Une petite bulle d’espoir qui grandit dans nos cœurs. C’est un peu étrange d’avoir accès à cette image; l’ébauche d’un être qui pourrait changer notre vie. Il n’existe pas, car comment pourrait-on clamer l’existence d’une chose si minuscule, mais est tellement présent en même temps, cet embryon qui contient déjà notre patrimoine génétique à nous deux… Nos deux identités, ces gènes légués par nos ancêtres et fusionnés en une seule entité. Une bulle magique pleine de promesses et garante d’un futur, si petite et si fragile qu’a tout moment un souffle risque de le dissiper et avec lui nos rêves et nos espoirs. Cette bulle de vie grandit présentement en moi, enfin je l’espère. Je suis ambivalente quand a mes émotions, ne sachant sur quel pied danser. Je souhaite laisser le temps s’écouler calmement, en attendant le verdict, mais la présence de ces quatre cellules m’a redonné une vague d’espoir. Si ce traitement échoue, il y en aura certainement d’autres. Je crois que nous avons enfin trouvé une formule gagnante, alors cela m’encourage à continuer. Si c’est un échec, ce ne sera que partie remise et je profiterai d’abord de l’été. Si c’est un succès, je serai la personne la plus heureuse car dans mon cœur mes quatre bulles d’espoir on déjà une place de choix.

12 juin 2011

Les jours se sont écoulés, un après l’autre. Il en reste encore quatre, avant le verdict. L’envie de tricher se fait sentir, demain 12 DPO… Je pourrais très bien tester, juste pour voir. Mes émotions vont en dent de scie, un jour sereine, l’autre apeurée. Ce soir c’est la peur qui prend le dessus, d’où mon besoin d’écrire. Je trouve difficile de voir mon chum optimiste. Non pas que je voudrais le voir pessimiste, mais je préfèrerais le voir prudent. Mon cœur se tord chaque fois que je l’entends dire en souriant : «si tout va bien ma blonde est présentement enceinte». Rien de moins certain. Car bien sur, moi je ne sens rien, je dirais même que je me sens vide.

J’ai peur de le voir déçu et j’ai peur d’être déçue. J’essais de visualiser le positif, je ferme les yeux et je vois ce qui ne m’a jamais été donné de voir en vrai : Un test de grossesse avec deux lignes… Ce simple objet, dont je connais trop bien la fonction et duquel j’espère si peu : une deuxième ligne.

J’aimerais avoir un signe, me sentir différemment, mais si je suis honnête envers moi-même, je sais très bien que je me sens exactement comme d’habitude à pareil jours d’un cycle… Les tiraillements dans l’utérus, les seins, le ventre gonflés, les boutons… Je connais mon corps. Mais seigneur que je souhaite me tromper. Si c’est bien un négatif encore cette fois, je recommencerai sans doute… Je prendrai quelques mois avant, obligés un peu par le calendrier de la clinique, mais aussi par choix, pour éviter de sombrer de me perdre et de nous y perdre. Je conclu ce paragraphe sans que ma décision ne soit prise, je testerai peut-être demain matin avec le test qui me nargue au fond de l’armoire de la salle de bain…. Peut-être.

13 juin 2011

Test Négatif. Quatre bulles d’espoir perdues.

 

kimd

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