En consultant en clinique de fertilité pour la première fois, on s’y rend anxieux, évidemment, à l’idée de découvrir la cause de notre problème de procréation, mais on y voit surtout la solution à notre problème. L’espoir prend vie. C’est donc avec courage que nous passons à travers tous les tests et examens requis.

Lorsque vient enfin le moment du diagnostic, ce sera la stupéfaction, la tristesse, la colère, la peur, l’injustice et même l’incompréhension d’une absence de diagnostic…
La réalité est parfois cruelle et frappe sans discrimination. La nature est ainsi faite.
En décidant de poursuivre nos démarches en fertilité, l’espoir refait surface plus fort que jamais. On a une confiance aveugle et on fonce naïvement vers notre première insémination.

1er essai: On y croit tellement, on visualise, on se projette dans l’avenir… Puis soudain, c’est la chute libre… Comment est-ce possible? La culpabilité nous envahi. Qu’avons nous fait qui ait provoqué cet échec? L’alimentation, l’exercice, le stress, etc… On cherche en vain LA cause de nos malheurs.

Ensuite, le médecin se fait rassurant, optimiste et l’espoir renaît. C’est avec une énergie renouvelée qu’on se relance dans l’aventure la tête baissée.

2e échec! Ouch! Le goût de la douleur est amère. On ne nous y reprendra plus.

Au 3ème essai, on tente de moins penser à son issue et on se croit plus détaché. Erreur, ce n’est qu’un leurre destiné à nous préserver.

À partir du 4ème essai, on se force à ne plus y penser, à ne pas fonder d’espoir, à voir le traitement de façon plus machinale puisque la douleur est trop vive. L’entourage et parfois le conjoint, nous rendent coupable de ne plus avoir la foi, comme si le résultat dépendait de cette dernière.
Lorsque le désespoir se pointe le bout du nez, on réussi à le chasser et à nous réconforter en se disant qu’il nous reste une avenue. C’est certain, la FIV fera des miracles.

FIV 1 s’amorce avec une espérance décuplée. La réussite nous apparaît assurée. On se sent si près du but, enfin. On y touche presque du bout des doigts. Cette vague d’espoir nous pousse à avancer à travers cette épreuve pénible pour le corps et l’esprit. Je pourrais même dire qu’on a hâte! On caresse notre ventre, on parle à cette poussière de vie.

Oh surprise, le miracle tant attendu ne s’est pas produit. C’est à la fois abasourdis et incrédules que nous tentons d’encaisser le coup.

Allez, on se retrousse les manches pour le 2eme round et on fonce! Cette fois-ci sera la bonne et on a hâte à son issue. En route pour FIV2!

KO! Rien à ajouter.

Le médecin qui initialement semblait pourtant croire en nos chances de succès, nous annonce qu’il ne sait pas si nous réussirons à avoir un enfant… Comment est-ce possible?
L’éventualité de ne jamais être parents fait surface. Jamais nous n’avions même imaginé cette possibilité. La détresse apparaît. Pourquoi nous? Qu’avons nous fait pour mériter ce châtiment de la vie?
Une pause s’avère nécessaire avant de remonter en selle pour l’ultime tentative.

C’est avec appréhension que nous tentons si bien que mal de nous préparer à FIV3. Nous l’entamerons sans avoir la certitude d’être prêts à faire face à son verdict.
Une partie de nous voudrait tenter se préparer à un échec probable, au deuil qu’il pourrait nous amener à devoir faire, mais le désespoir que cette seule pensée provoque est insupportable pour l’instant…

Comment peut-on faire son deuil quand on espère encore désespérément?

Julie

Julie

En essai bébé depuis maintenant 4 ans... 6 inséminations et 2 FIV plus tard, un seul +, dont le bonheur n'aura duré qu'une petite demi-heure. Je suis donc toujours en quête du bonheur, de bé-béatitude!

1 Comment

  1. 05/01/2015 at 10:56 — Reply

    Belle finale qui veut tout dire! Un espoir désespéré…

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