Fausse-coucheProcréation assistéePsychologie

J’ai (encore) craqué…

On se pense forte…

On se pense “guérie”…

Puis tout à coup, il se passe quelque chose d’hyper anodin et puis bang! Notre belle carapace se brise, encore une fois!

Et j’ai craqué… au bureau, encore une fois!

Je vous met en contexte: nike air max séance photo prévue bientôt chez ma photographe préférée. Je suis sur Facebook et je vois qu’elle fait une nike air max junior annonce: elle a maintenant cheap nike air max 97 un local. Donc nous n’irons pas dans son sous-sol, comme d’habitude. Ok fine je suis super contente pour elle! Clique sur la publication pour avoir les détails… ah bin oui, le local est DANS UNE BOUTIQUE DE BÉBÉ!

(bruit de bris de verre)

Mon dieu que je me déteste présentement.

Je ME déteste parce que je me trouve donc faible de voir ces larmes qui coulent de mes yeux. J’ai envie de hurler que NON, je n’irai pas sourire dans une boutique pour bébé. J’ai envie d’annuler la séance, de lui crier dessus qu’elle aurait pu y penser tsé! Que quand on veut des photos, on n’a pas nécessairement envie de voir des bavettes, des couches lavables et des toutous trop mignons. Mais je sais aussi que je ne le ferai pas, par orgueil, parce que je ne peux juste pas me montrer aussi faible. Parce que même mon conjoint me dirait que ce n’est pas raisonnable . Qu’elle le sait pas elle ce que je vis… Que c’est pas méchant, que c’est juste un local, que ça va aller…

Je sais!

Je sais, mais je suis tellement tannée d’être “raisonnable”. D’agir comme il faut, pour ne pas éclabousser tout le monde de ma douleur. De faire comme si tout allait bien. D’oublier. Pourquoi je ne peux pas dire “hé ho, j’ai mal là… ” sans me faire regarder de travers. “Ah non, pas encore elle qui nous sort sa rengaine de j’ai perdu 4 bébés pis bla bla bla… on le sait, r’viens-en!”

Ben oui, mais moi, je vis avec ça chaque jour. Chaque fois que Lilly de Vincent Vallières joue à la radio (minimum 46 fois par jour),  chaque fois qu’une photo de bébé/bedaine/test de grossesse traverse mon mur FB (minimum 46 fois par semaine), chaque fois que je croise une bedaine (minimum 46 fois par mois), chaque fois que j’ai un souper de famille, chaque fois que je dois ré-expliquer mon parcours. J’y pense tout le temps, je peux pas faire autrement.

J’ai de la peine aujourd’hui… de la peine de me rendre compte qu’une niaiserie est au-dessus de pandora uk mes forces (me rendre dans une boutique de bébé pour faire des photos…), de la peine de me rendre compte que malgré les mois qui passent et mes bonnes intentions, je suis toujours à un cheveu de craquer.

Jamais je n’aurais crû pleurer, pour une séance photo pour laquelle  je n’ai ni la force d’y aller, ni la force d’annuler (et de devoir tout expliquer).

Maudite infertilité…

_____

P.S.: Deux jours sont passés, ce matin je vais mieux. Tsé… il y a vraiment rien là, je vais y aller à cette séance photo, et je vais sourire avec plaisir. Sur le coup, ça me paraissait comme une montagne, aujourd’hui ça me semble totalement anodin. Je suis quand-même surprise qu’encore aujourd’hui je puisse craquer complètement pour des choses comme ça.  Ce qui me fâche, finalement, c’est de me rendre compte qu’on en guérira probablement jamais à 100%, et que pour le reste de ma vie, je devrai apprendre à vivre avec la douleur, qui va ressortir de temps en temps, pour des circonstances de la vie apparemment anodines. J’ai pas fini de craquer; le verre, il ne sera jamais réparé, juste solidifié temporairement. Ça, c’est dur à accepter… partie, la naïveté!

LaFausseCoucheuse

LaFausseCoucheuse

Bébé 1 est arrivé sans problèmes. Pour bébé 2 ça c'est compliqué... pas mal compliqué. 4 fausses couches plus tard, je suis en plein processus de FIV avec DPI.
(MAJ oct2014)

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