Commençons par ce vidéo ci-dessus qui vous explique pourquoi le programme de subvention pour la procréation assistée et les traitements de l’infertilité du Québec est important pour l’avenir de tous les Québécois.

Mon matin du 6 novembre 2014 a commencé en voyant les actualités qui sont sorties la veille concernant le programme de procréation assistée.
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/11/05/009-procreation-assistee-modifications-quebec-financement-restrictions.shtml
et
http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/11/05/quebec-va-restreindre-son-programme-de-procreation-assistee_n_6111214.html

(Bien d’autres articles sont sortis, mais ça revient pas mal tous au même)

En gros, ils  annoncent que le gouvernement continuera de financer en partie le programme de procréation assistée, mais seulement pour les couples médicalement infertiles. Cependant, en excluant les femmes seules, les couples homosexuels et peut-être d’autres, le gouvernement craint de contrevenir à la charte des droits et libertés. On nous annonce que le ministre Gaétan Barrette devrait présenter son projet de loi avant Noël. Au début de l’été, on nous avait parlé de l’automne, mais ils ont eu bien d’autres chats à fouetter avec les agences de santé et les salaires des médecins. Même si on a peur de ce qu’il adviendra, il en demeure qu’il est toujours mieux de savoir à quoi s’en tenir.
De quelle façon le gouvernement continuera-t-il de financer ? Par crédits d’impôts dont le pourcentage n’a pas été divulgué. Donc, nous devrons payer de nos poches les traitements et attendre des mois et de mois pour avoir un remboursement, en partie.
En passant, avant la mise en place du programme de procréation assistée, il y avait déjà des crédits d’impôts pour l’infertilité. On va revenir en arrière ?

Dire des gros mots pas beaux ne servirait à rien, mais c’est tout ce qui a eu envie de sortir de ma bouche en voyant les actualités.
Mon dernier cycle m’ayant donné une grossesse, mais ayant fait une fausse-couche la semaine dernière, je perds complètement espoir.
Je n’ai aucunement la force de recommencer un nouveau cycle de fécondation invitro OPC (au plus cr*ss) parce que le gouvernement fait des menaces.
C’est injuste. Après 8 ans d’essais, j’avais enfin espoir que ça pourrait fonctionner pour nous.

Bon.

C’est encore des rumeurs. Y’a rien d’officiel, encore. Je me demande parfois si le gouvernement ne laisse pas couler des similis informations, juste pour voir comment le public réagit.
Enfin. J’imagine que l’on verra au cours des prochaines semaines ce qui se passera.

Évidemment, les commentaires désobligeants en bas des articles ainsi que sur les médias sociaux ont recommencé. J’en ai marre que les gens comparent le programme de procréation assistée à d’autres programmes ou maladies. Vous n’avez pas besoin de ce programme, alors ça ne vous regarde pas, c’est ok. Mais, informez-vous un peu de ce qu’est l’infertilité et c’est quoi faire des traitements en procréation assistée, et aussi, c’est quoi le processus en adoption. À vous lire, on n’a pas choisi le bon partenaire pour faire nos bébés bios, too bad. J’ai aussi lu que la Terre est surpeuplée et qu’on ne devrait donc pas permettre aux couples infertiles d’avoir des enfants. Ouais. Tout comme nous avons la responsabilité, nous les couples infertiles, de sauver tous les enfants du monde qui n’ont pas de parents.
Arrêtez de comparer vos rêves futiles d’achat d’une voiture de luxe au rêve de fonder notre propre famille. Vous qui le dites si bien que la maternité (et paternité !) est un privilège, si vous vous sentez aussi privilégiés d’avoir des enfants, vous comprendriez un peu mieux c’est quoi d’avoir le gros obstacle de l’infertilité dans votre chemin.
Émotions invitro, auteure sur le site emotionsinvitro.com
Lire mes autres articles « Les commentaires sur la procréation assistée » et « La remise en question de la procréation assistée »

 

Les auteures du Magazine se sont jointes à moi en écrivant un texte sur le sujet.

Quand tombe un diagnostique pour une maladie, personne n’est content de le recevoir. Sur le coup, on se sent mal, on a l’impression que notre vie vient de s’arrêter. On se sent différent, différent des autres, on ne se reconnait plus dans notre propre corps. On pense à tous ceux autour de nous, qui nous aime, et que ça touche aussi. On peut aussi parfois se sentir coupable, on n’a pas fait assez de ceci, trop de cela. Il arrive même qu’on en vienne à se détester. Ensuite, on pense à tout ce que ça implique. Les changements que nous devrons faire dans notre vie, dans nos projets. Ce que nous allons devoir repousser dans le temps, ce qu’il nous sera désormais impossible à réaliser. On fait le ménage de notre futur. Notre quotidien baigne dans l’incertitude à propos de la médication, des traitements longs et parfois douloureux, du manque de travail, et j’en passe. Puis viennent les questions sans réponses adressées à l’univers. À partir de quand pourrons-nous recommencer notre vie normale? Pourquoi nous devons vivre tout cela? Qu’elle est la signification de ces épreuves? Mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça?? Enfin, on se calme. On commence à voir qu’il y a de l’espoir. La science est assez avancée pour nous aider avec toutes les maladies. Si ce n’est pas de nous guérir, c’est au moins de nous aider à bien vivre malgré tout. On réalise que nos projets ne sont plus si inaccessibles, que notre vie normale n’est pas si loin de nous. Nous avons la chance d’avoir un système de santé universel et gratuit, qui soigne des plus petites aux plus grosses maladies, des plus faciles à soigner aux maladies trop souvent mortelles… Je pourrais parler ici de n’importe quelle maladie. D’une banale grippe à un trop populaire cancer. Je parle plutôt ici d’infertilité. L’infertilité a été reconnue comme une maladie et aujourd’hui le gouvernement voudrait qu’une personne qui en souffre paie pour se faire soigner, paie pour des traitements en lien avec sa santé. Le système de santé universel commencera alors à s’effriter. Où cela s’arrêtera-t-il? J’ai peur de ce que va devenir mon Québec si précieux à mon cœur. C’est cruel d’enlever cet aide aux couples qui veulent si fort fonder une famille et qui n’y arrivent pas. Messieurs et Mesdames les ministres, n’arrêtez pas votre vision aux coûts et à l’argent, derrière ces chiffres, se sont des centaines d’êtres humains comme vous qui ont besoin de cela pour s’accomplir pleinement!
Marie-Eve Chapman, auteure sur le site emotionsinvitro.com
Lire son article « La fameuse gratuité », paru au cours des derniers jours.

 

Quand on commence les traitement de fertilité, c’est un long processus psychologique… il faut accepter tant de choses! Il faut faire plusieurs deuils de l’image de la maternité qu’on s’était construit, il faut être prêt et fort mentalement, pour laisser des gens s’immiscer dans notre vie sexuelle, nous dire quoi faire, quand, à quelle heure! On nous répète sans cesse d’y aller à notre rythme, de prendre des pauses de traitements quand c’est nécessaires… Bref. On m’a annoncé en juillet que je devrais passer par la FIV pour avoir plus de chances de concevoir. Presque la même journée, on a commencé à parler dans les médias des coupures du programme à venir. Avez-vous idée de la pression que ça met sur nos épaules, ces menaces? J’avais envie d’attendre en juillet, de croire qu’on pourrait encore y arriver sans aide. Mais je n’ai pas eu cette liberté, car on a eu peur d’attendre trop et de perdre notre droit à la gratuité. J’ai fait la première stimulation aussitôt que possible… et ça ne s’est pas passé comme prévu. Il faudra donc refaire un cycle de stimulation… et aujourd’hui, ils viennent remettre une couche de pression par dessus mes attentes déçues et mon état psychologique difficile. On a encore reparlé de prendre une pause, chéri et moi, et la conclusion est pathétique: on a pas les moyens d’attendre… S’ils coupent le programme, j’aurai fait tout ça pour rien? J’aurai payé tous ces tests, médicaments pour rien? Notre santé financière devient précaire à cause de tout ce parcours en fertilité. Malgré la gratuité, tout ça a des coûts astronomiques qui s’échelonnent sur plusieurs années. J’en ai marre que ce soit mes finances qui décident si j’ai les “moyens” d’avoir un enfant. Mon corps est malade, il faut m’aider. Aujourd’hui j’ai peur… peur de finir tout le processus, à coups de piqures multiples chaque jour, à coups de rendez-vous en psychologie, malgré mon couple qui vit plusieurs situations difficiles, et d’arriver au bout avec des embryons au congélateur et pas les moyens financiers de finir les traitements. Cessez les menaces M. le ministre de la santé. Dites-nous donc ce que vous ferez pour de vrai, clairement, et QUAND. Ce stress est insoutenable additionné à tout le reste.
La Fausse-Coucheuse, auteure sur le site emotionsinvitro.com

 

En décembre prochain, je devrai amorcer mon dernier cycle de fécondation in vitro couvert par le programme. Je vis chaque jour avec l’angoisse de lire dans les média que le programme est aboli, que je ne pourrai pas faire ce dernier cycle à moins de le payer. Chez nous, ça fait 3 ans qu’on a pas mis un sous dans nos réer, parce que toutes nos économies passent sur des médicaments en injection. Vous croyez qu’un parcours en procréation assisté est une partie de plaisir? Laissez-moi vous dire que ça demande beaucoup de sacrifices. Personne ne prend rendez-vous en fertilité en se disant “Ça va être facile” ou “Ce sera agréable”. On s’y rend, prête à tout accepter (l’invasion dans sa vie privée, être étudiée sous toutes ses coutures par plusieurs spécialistes, les examens douloureux, les effets secondaires des médicaments, etc) poussée par le désir d’être mère. Ce n’est pas une question d’égoïsme biologique. Est-ce que quelqu’un vous a déjà demandée à vous – Mme Fertile – pourquoi vous vouliez des enfants? Vous a-t-on déjà questionné sur votre droit ou validité à procréer? Vous faites l’amour, vous tombez enceinte, fin de l’histoire. Pourquoi un problème d’ordre physique, pouvant être traité médicalement devrait-il définir mon propre désir? Au tout début de nos essais, mon mari et moi disions que nous “travaillions pour un premier enfant”. On en voulait deux. Maintenant, on “espère en avoir un”. Nous avons fait une croix sur notre rêve d’en avoir plusieurs, sur nos plans. Des plans que nous étions, au même titre que les autres, en droit de cultiver.
Solly, auteure sur le site emotionsinvitro.com

 

Ce qui devait arriver, arriva ! Bien sûr, ce ne sont que des rumeurs pour le moment, mais rendons nous à l’évidence, notre programme est dans la mire du gouvernement et ce, depuis sa création! On nous enlèvera, d’une manière ou d’une autre, la parcelle d’espoir qui nous restait de fonder notre famille. Faudra–t-il se dépêcher à entamer notre prochaine et dernière tentative FIV avant que le gouvernement mettre en application leur réforme? Et ce, au détriment de notre santé physique et psychologique? Nous commençons à peine à nous remettre de notre dernière année de traitements à temps plein. Financièrement, ce sera impossible pour nous de débourser quoi que ce soit, déjà que nous nous sommes endettés pour les deux premières FIV. Il n’est même pas possible d’envisager débourser de notre poche et ce, malgré un crédit d’impôt et pour plusieurs années à venir. L’infertilité est une maladie, point final. Ça ne devrait même pas être remis en question. Nous en souffrons physiquement et psychologiquement, tout comme nos familles qui essaient de leur mieux de nous supporter dans cet épreuve.
Dominique Lanthier, auteure sur le site emotionsinvitro.com

 

Nous avons demandé sur notre page Facebook ainsi que des groupes ce que les membres pensent de cette « rumeur ».

Demander aux couples infertiles d’avancer les coûts des traitements (je parle ici du mode crédits d’impôts), c’est créer un fossé autre entre les riches et les pauvres, c’est encourager la classe moyenne à s’endetter davantage. C’est aussi juger que l’infertilité n’est pas une maladie au même niveau que les autres. C’est aussi imposé des règles du jeux sans réellement s’impliquer (obligation au transfert d’embryon unique) Quelqu’un devra m’expliquer un jour pourquoi les coûts chargés par les cliniques ont augmenter significativ3ement à l’arrivée du programme de gratuité, pourquoi acceptons nous encore des abus du système (vous voulez des exemple? Notre cher ministre aux bonis douteux). Ils laissent la populations juger à tort et à travers la conditions de chacun et ce que chacun mérite et durant ce temps, cliniques, administrateurs du système et ministre se mettent dans les poches l’argent qui servirait tant de gens à éviter la faillite, la dépression et autre maux liés au désir viscéral d’avoir un enfant. Il manque une fonction à mon corps. On aide les gens a entendre, voir, etc. Moi j’ai besoin d’aide pour engendrer un enfant qui en bonus paiera des taxes et votera….
– Audrey Trudel

Parce que tout le monde qui souhaite avoir des enfants, et qui en est incapable naturellement a en moyenne entre 6000$ et 10 000$ par tentative de procréation à dépenser. Je suis outrée, consternée, fâchée, dépassée, déçue, et j’en passe. Merci pour le sentiment d’abandon. Au Québec on paie des impôts pour avoir un système de santé égal pour tous. Mais il semble qu’on n’accepte pas de traiter toutes les maladies. En plus d’un fardeau émotif, de deuils à répétition, de fatigue physique causée par une tonne de médicaments ($$$$$$$$) et des interventions douloureuses et intrusives, des dizaines de journées de travail où l’on doit prendre congé parce qu’on a encore un r-v, bien souvent à l’extérieur de notre lieu de résidence, ajoutons un stress financier qui, soit dit en passant, n’offre aucune garantie de procréation. Dans un Québec qui doit faire des enfants pour soutenir la population vieillissante, il se prend des décisions horribles. Sérieux, merci.
– Audrey

C’est vraiment désolant cette nouvelle, je me suis couchée frustrée là-dessus hier soir. Personnellement je me garde une réserve parce que ce n’est pas encore officiel mais je crains que cet article parle de notre future réalité parce que les libéraux sont des champions dans l’art d’aller à la pêche via les médias, ils font ça dans tout leur dossier où ça pourrait sentir le chauffé et ils se retirent en cas de forte réaction. Si l’article dit vrai c’est un gros pas vers l’arrière parce que finalement on reviendrais presque au même point qu’avant le programme alors que nous devions payer le montant total et attendre d’avoir un crédit d’impôt de 50% l’année suivante. Dans notre cas la fiv-icsi représente 15 000 $ mais nous n’avons pas les moyens de débourser une telle somme à partir de notre compte en banque alors nous devrions emprunter cette somme… je doute que le gouvernement paie les intérêts lié à ce prêt!! (il est où le beau principe de création de la richesse??!!) Nous ne sommes pas dans une situation financière difficile alors je n’ose même pas penser quel impact cette décision aura sur les moins nanti. Comme beaucoup d’autre de leur décision les libéraux encouragent encore une fois la scission des classes sociales et encourage l’élitisme. Seul les riches pourront avoir accès aux traitements médicaux de leur infertilité. Et je me demande bien ce qu’ils feront des femmes célibataires et homosexuelles qui ont des problèmes de fertilité aussi, devront-elle encore se battre pour être reconnu à cause de leur marginalité? Ça me dégoûte tout ça…..
P.M.

Je trouve ça quand même réaliste car les gens qui sont infertiles , c’est comme une maladie qu’ils ont ! Il est donc normal qu’on paye les traitements comme on paierait les traitements pour quelqu’un qui aurait un autre type de maladie ! Toutefois, je trouve ça malheureux que le tout soit remboursé sur le rapport d’impôt , ça limites les gens infertiles qui pourront faire appel à l’in vitro !
– Melanie

Je suis entièrement “pour” le fait de mettre des limites et des balises au programme de procréation assistée. Ce qui m’enrage, c’est le fait de charger ces frais médicaux en fonction du revenu. Pour moi, c’est tout simplement inacceptable. Dans ce cas, demandez donc aux fumeurs de payer les frais de leurs hospitalisations, de leurs médicaments pour la MPOC et pour leurs traitements de chimiothérapie lorsqu’ils auront un cancer du poumon. Eux sont responsables de leur maladie. Pas nous!
Nous payons déjà des impôts en fonction de notre revenu… Le crédit d’impôt en fonction du revenu équivaut donc à une seconde imposition.
– Julie L.

A l’heure actuelle, les couples infertiles assument de nombreux coûts reliés au programme de procréation assistée: médicaments, absences au travail, tests et examens médicaux… Malheureusement, je n’ai pas les moyens de payer pour ces traitements et je devrai cesser mes démarches si la gratuité est abolie. Les couples de la classe moyenne n’ont pas les moyens de payer ces traitements. Abolir la gratuité, reviendrai à creer un clivage social entre les riches et les autres et de ombreux couples devront abandonner leurs démarches. Je crois que le gouvernement devrait plutôt revoir les conditions d’admissibilité avant d’abolir la gratuité. L’infertilité est une maladie et tous devraient avoir accès aux traitements.
– Michelle

 

Voici deux publications Facebook. Cliquez sur l’endroit où on peut lire les commentaires…

 

 

Émotions invitro

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1 Comment

  1. 04/01/2015 at 15:17 — Reply

    immobilier

    merveilleuse article, merci beaucoup.

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